Contre la France, l’Allemagne se bat pour un label « Made in Europe »… étendu au-delà de l’Europe
ARTICLE. Après le Mercosur, l’interdiction des moteurs thermiques en 2035, l’Allemagne croise encore le fer avec la France sur le volet européen. Berlin veut une politique « made in Europe » élargie à 80 pays du monde entier, tandis que Paris veut s’arrêter aux frontières européennes.
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« Protectionnisme ». Il n’y a pas si longtemps, avant que ne frappe la crise sanitaire en 2020, ce mot était considéré par les commentateurs convenus comme au mieux comme une lubie, au pire comme une insulte au bon sens. Lors des primaires du parti LR en 2016, Alain Juppé évoquait ce mot avec un dégoût manifeste, le comparant à des barbelés aux frontières. C’était encore le temps de la « mondialisation heureuse ». Celle du culte du libre-échange avec ses gourous et sa basilique à Bruxelles. Depuis, la crise énergétique en 2022, la réélection de Donald Trump et tant d'autres évènements sont également passés par là. Et l’UE a pris conscience (à contrecœur) qu’elle aussi devait protéger son industrie, au bord de l’implosion.
Là est le sens de la loi sur l’accélération industrielle (IAA) proposée en mars 2026 par Stéphane Séjourné, le Vice-président exécutif pour la prospérité et la stratégie industrielle de la Commission européenne. Elle doit limiter les marchés publics et l’accès à certains biens en rapport avec la transition énergétique, aux produits « made in Europe » qui respectent les normes européennes en matière de production. Mais où s’arrête l’Europe dans ce concept ? La France propose une définition géographique du terme. Mais l’Allemagne ne l’entend pas ainsi et propose une définition économique.
Dans un courrier envoyé à la Commission ce jeudi 24 septembre, Berlin rejette clairement la position française : « L’Allemagne rejette le protectionnisme et la discrimination. Face aux défis géopolitiques et géoéconomiques, l’UE s’appuie sur des partenariats étroits — notamment son réseau mondial d’accords de libre-échange — pour renforcer sa résilience et sa compétitivité ». Concrètement, notre voisin européen entend élargir le « made in Europe » à l’ensemble des partenaires économiques de l’UE, voire même ceux signataires de l’Accord de l’OMC sur les marchés publics. Soit près de 80 pays, dont l’Indonésie, l’Inde...
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