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Élections au Québec : entre tarifs douaniers et questions existentielles

CONTRIBUTION / OPINION. Ce lundi 5 octobre, ce sont les élections provinciales au Québec, dans un champ politique morcellé entre droite, gauche, souverainistes et fédéralistes. État des lieux et panorama des enjeux.

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Ça y est, nous y sommes : la saison quadriennale des mauvaises herbes – des grands sourires poussant sur les murs, les lampadaires, les écrans, et que seuls des millions de croix sur des bulletins sauront arracher.

En effet, au Québec, la campagne électorale bat son plein depuis plusieurs semaines, et il ne reste désormais que quelques jours avant les élections provinciales du 5 octobre. Et si un scrutin comporte toujours une part de mise en scène, de simulacres, celui-ci intervient dans un contexte particulièrement tendu : un certain vide de pouvoir, une guerre commerciale avec les États-Unis, et des visions politiques plus opposées que jamais.

Il convient d’abord d’en préciser le fonctionnement. Les Québécois élisent les députés de l’Assemblée nationale, circonscription par circonscription. Le parti comptant le plus grand nombre de députés élus est appelé à former le gouvernement, et son chef deviendra le premier ministre du Québec. Avec 127 circonscriptions au total, 64 sièges sont nécessaires pour remporter la majorité absolue. Un gouvernement majoritaire peut généralement gouverner avec davantage de latitude. Un gouvernement minoritaire, lui, doit composer avec les autres partis pour obtenir leur soutien lors des votes – ce qui, souvent, signifie renoncer à des promesses majeures mais clivantes.

Ensuite, pour mieux comprendre le paysage politique et les partis qui le composent, il ne faut pas seulement considérer l’axe gauche-droite traditionnel, mais aussi l’axe indépendantiste-fédéraliste. Pour rappel, le Québec a tenu deux référendums sur son indépendance : une première fois en 1980, avec le camp du « Non » (contre l’indépendance) gagnant avec 59,5% des voix ; et une deuxième fois en 1995, où le « Non » passa tout juste avec 50,58%.

Après le traumatisme de 1995, le rêve indépendantiste semblait condamné aux oubliettes, ou du moins à un long sommeil. Les sondeurs, journalistes et l’establishment politique pouvaient se permettre d’en rire plus ouvertement....

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