InternationalSainte-Sophie

« Lire Zweig pour combattre Erdoğan »

21/08/2020

La pensée occidentale se distingue par une conception linéaire du temps, dit-on. Mais en Turquie, l’Histoire se répète et nous invite à considérer les cycles qui la traversent. Quatre-vingt-dix-sept années après sa dissolution, voici l’Empire Ottoman tenté de refaire surface. Et d’évidence, l’été 2020 restera comme un moment charnière de ce retour fantasmé.

« Lire Zweig pour combattre Erdoğan »

La pensée occidentale se distingue par une conception linéaire du temps, dit-on. Mais en Turquie, l’Histoire se répète et nous invite à considérer les cycles qui la traversent. Quatre-vingt-dix-sept années après sa dissolution, voici l’Empire Ottoman tenté de refaire surface. Et d’évidence, l’été 2020 restera comme un moment charnière de ce retour fantasmé.

Pendant que les incidents se multiplient en mer Méditerranée, la basilique Sainte-Sophie, inestimable joyau de la chrétienté en Orient, est redevenue mosquée.  Au travers d’un texte relativement méconnu de Stefan Zweig, il est permis au lecteur contemporain d’identifier une curieuse concordance des temps entre ce qui se joue actuellement pour la civilisation européenne et la prise de Byzance, le 29 mai 1453. Extrait des Très riches heures de l’humanité, il donne à comprendre l’offensive politique qui, au milieu du XVe siècle, vit plier l’imprenable Cité sous l’assaut des hommes du Sultan Mehmed II, alors tout juste âgé de vingt-trois ans.

Zweig met rapidement son lecteur en garde : « tant qu’ils ne sont pas fin prêts, les despotes qui préparent la guerre n’ont que le mot de paix à la bouche ».  C’est guidé par cette stratégie que le jeune monarque, érudit mais cruel, prépare deux années durant la bataille qui gravera son nom dans les mémoires. De ce travail acharné, nécessitant le concours de dizaines de milliers de soldats et le renfort d’une ingéniosité militaire rare, naît une « concentration dramatique porteuse de destin, où une décision capitale se condense en un seul jour, une seule heure, et souvent en une seule minute ». Lorsque Mehmed II attaque, le temps «se comprime en un seul instant qui détermine et décide tout : un seul oui, un seul non, un geste avancé ou retardé rend cette heure irrévocable pour cent générations et détermine la vie d’un...

Contenu disponible gratuitement

47 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour accéder à la totalité des contenus gratuits, vous devez vous connecter ou créer un compte.

Chargement des commentaires...

Vous aimerez aussi

FP+