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Mercosur : la Commission et l’Allemagne en guerre contre le vote du Parlement européen

ARTICLE. Le Parlement européen a décidé de saisir la justice européenne sur le traité du Mercosur. Mais l’Allemagne appelle à ne pas tenir compte de cette décision applaudie par la France. Et, comme bien souvent, Berlin est soutenu par Bruxelles.

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Philipp von Ditfurth/DPA/SIPA


France — Allemagne, match retour. Alors que le 17 janvier, Paris venait d’essuyer sur la question du traité du Mercosur une cuisante défaite infligée par le Conseil européen et la Commission européenne soutenue par Berlin, le match retour semble tourner en faveur de la France. Ce mercredi 21 janvier, le Parlement européen a adopté le principe d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) à propos de l’accord commercial signé entre l’Union européenne et les quatre pays du Mercosur.

Si la proposition émanant des groupes de droite hors PPE n’a pas été adoptée, celle venant du reste d’une partie du Parlement a recueilli de peu les faveurs des élus, 334 députés ayant voté pour, tandis que 324 ont voté contre (11 abstentions). Avec cette victoire à l'arraché, le traité du Mercosur se retrouve dans une voie de garage, le temps que la justice tranche la question de la compatibilité de ce mécanisme avec les traités européens. Elle devra également vérifier si le traité contrevient au principe de précaution et si le mécanisme de rééquilibrage peut nuire à la capacité des États membres à adopter de futures réglementations sans craindre des mesures de rétorsion de la part des quatre États sud-américains.

La déflagration de ce vote a suscité différentes réactions. De son côté, la Commission, incarnée par son porte-parole, Olof Gill, considère que « selon [leur] analyse, les questions posées par le Parlement dans cette motion ne sont pas justifiées ». La France voit dans cet événement l’occasion de reprendre la main sur un dossier qu’elle n’a pas su bien défendre. « La France assume de dire non quand il le faut, et souvent l’Histoire lui donne raison. Le combat continue pour protéger notre agriculture et garantir notre souveraineté alimentaire », s’est félicité Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe...

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