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Occident-Russie, une Guerre de Cent Ans : conclusion (partie 4)

CONTRIBUTION / OPINION. Notre lecteur, qui réside en Russie, voit dans l'histoire contemporaine des relations entre la Russie et l'Occident un fil conducteur : celui d'un conflit d'intensité variable qui n'est pas sans rappeler la Guerre de Cent Ans. Première partie à lire ici Deuxième partie à lire ici Troisième partie à lire ici

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Nous savons tous, en particulier depuis 1914, que lorsque des puissances industrielles s’affrontent, il faut que « l’arrière tienne ». Cela pose donc la question de la résilience des peuples et des sociétés. L’histoire parle d’elle même : contre Napoléon, contre Hitler, la Russie a vaincu, en particulier, parce que toute sa population a tenu. Il ne faudrait pas faire l’erreur d’imaginer que ce trait national a disparu en 1945 ! Tout près de nous à l’échelle historique, durant les années 90, quand l’État s’est effondré, que les salaires des fonctionnaires n’étaient plus payés, les enseignants ont continué, malgré tout, de se rendre en classe et de faire cours. Les conditions étaient épouvantables, les écoliers s’évanouissaient souvent d’inanition, les bâtiments n’étaient souvent plus chauffés, toutes les fournitures manquaient. Mais ils ont tenu leur rôle. Et aujourd’hui, si la Russie a les ingénieurs, et surtout les cadres, pour maintenir son économie en dépit des sanctions, c’est bien parce que ces modestes enseignants ont tenu, par sens du devoir, de la responsabilité collective, et patriotisme. Enfin, j’ai assisté de l’intérieur en février et mars de l’an dernier à ce phénomène Russe de rassemblement spontané derrière ses dirigeants, devant la menace extérieure. Pour qui a grandi dans l’idée de l’abandon des sentiments patriotiques, c’est extrêmement impressionnant. Et me permet d’affirmer que l’esprit qui a permis à la Russie de tenir en 1814, en 1941, dans les années 90, est toujours vivant.

Du coté européen, nous partons avec une longueur de retard, dans la mesure où on nous demande de défendre des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Historiquement, ce n’est un secret pour personne que nous sommes moins résilient que les Russes. En outre, tout à été fait, depuis des décennies, pour détruire tout patriotisme, afin de « construire l’Europe ». Et pour tout arranger, en ce qui...

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