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Contribution à la réfutation du paradigme Habermas

CONTRIBUTION / OPINION. Que faut-il retenir de la pensée du philosophe Jürgen Habermas, décédé à 96 ans le 14 mars dernier ? Essentiellement ses funestes scories, qui ont abreuvé la construction européenne et son mépris pour le fait national, estime notre contributeur.

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© J.L. CEREIJIDO/AP/SIPA


Il est certes correct d’accorder à Jürgen Habermas des circonstances atténuantes.                        L’émotion bouleversante qui l’a amené à rejeter l’ancrage national des cultures ne l’a pas moins amené  à une hérésie destructrice : bâtit-on une « constitutionnalité » sur une émotion ? Allemand, il a pu croire et faire croire qu'il exorciserait la Seconde Guerre mondiale, provoquée par son pays, par un dépassement de cette tragédie consistant en la négations des identités nationales. Au bout du compte, et tout à l'inverse, il n’aura contribué qu’à une promotion de l’hégémonie allemande, mais sous la forme « néo moderne » de rigueur au second XXIème siècle.

Car cette sublimation de l’émotion par celui qui a vécu la Seconde Guerre mondiale ne peut changer la structure mentale ni le potentiel des peuples. Les Allemands sont restés des Allemands avec leurs forces et leurs faiblesses, et « l’humanisme » d’Habermas a, involontairement peut-être, légitimé de nouvelles voies d’hégémonie pour son pays. Le « patriotisme constitutionnel » européiste apparaît clairement comme une déviance délirante supposant qu’un droit supranational supplée la culture, la socialisation de l’affectivité, les relations entre les hommes.

Le droit communautaire est ainsi imposé comme intrinsèquement juste, rédempteur et réparateur, alors qu’il s’est construit méthodiquement comme vecteur de coercition, désormais sans appel. Les « valeurs » sont devenues le paravent d’un totalitarisme de moins en moins masqué puisque légitimé par le droit, au profit d’une caste scellée par des motivations de type corporatiste.

Enfin, prophétiser le bien fondé et la pérennité de l’actuelle Union européenne par la constatation que les mouvements nationaux (Hongrie, Pologne) sont actuellement coincés, ou par les impasses économiques et juridiques imposées par Bruxelles, ou par les tâtonnements de partis en inconfort idéologique (RN), est manifestement une approche myope de l’histoire.

« Patriotisme constitutionnel » déviant parce que Habernas érige son tropisme – son rêve, fût-il généreux – en fondement juridique d’un type d’organisation politique...

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