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Gabriel Attal et Jordan Bardella, le vide des mots et le toc des photos

CONTRIBUTION / OPINION. Deux candidats présomptifs à l'élection présidentielle, deux projets politiques théoriquement différents… et deux narratifs médiatiques étrangement similaires, à base d'idylles princières pour Jordan Bardella, et d'étalage (par livre politique interposé) de sa vie sentimentale pour Gabriel Attal. De quoi juger de notre santé démocratique ?

BARDELLA-ATTAL
© Romuald Meigneux/SIPA / WELSCHINGER/OLA NEWS/SIPA


Gabriel Attal et Jordan Bardella sont candidats plus ou moins déclarés à l’élection présidentielle de 2027. Or, au lieu de présenter un programme, ils présentent…leurs conjoints (1)(2) ! Qu’est-ce que cela nous dit de l’évolution de la vie politique française ?

S’afficher aux côtés d’Ariel la Petite Sirène, d’Elsa la Reine des Neiges, ou encore de Pocahontas, n’atteste en rien des compétences de Jordan Bardella pour sortir la France du gouffre d’endettement au fond duquel elle a été plongée par Emmanuel Macron, l’homme-lige de Bruxelles.

Quant à Gabriel Attal, pourquoi, outre la médiatisation de son couple, a-t-il cru bon de verser dans le pathos en évoquant une enfance malheureuse aux côtés d’un père en proie à des addictions ? Alors que la crise énergétique et les taxes monstrueuses sur le carburant fracassent le niveau de vie des Français, n’est-ce pas quelque peu indécent de jouer les Oliver Twist quand on est un ancien élève de l’École alsacienne (3) ?

Dans un système républicain sain, on ne détermine pas son vote en fonction du conjoint ou de la conjointe d’un candidat. On ne prend pas davantage en compte la famille, les amis ou la voisine du témoin de mariage du cousin par alliance du grand-oncle dudit candidat. Le citoyen français est censé voter pour les idées et pour le programme d’un candidat.

Sauf que messieurs Attal et Bardella n’ont rien à proposer aux citoyens, absolument rien, ni l’ombre d’une idée, ni l’ébauche d’un programme. Ils n’ont qu’eux-mêmes à proposer. Comme c’est tout de même un peu léger, l’offre est complétée par leurs conjoints : une jeune et séduisante princesse pour Bardella, un jeune et sémillant politicien pour Attal. Bref, Barbie et Ken tiennent lieu d’idées et de programme.


Du président-roi au président-rouage


D’ailleurs, pourquoi nos deux candidats se fatigueraient-ils à penser, à rédiger et à proposer un...

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