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Les nouvelles colonies et la cinquième colonne

OPINION. Si le XVe siècle était celui des découvertes et le XVIIIe celui des Lumières, le XXIe pourrait bien être celui de la finance. Un sens de l'histoire inquiétant.

Les nouvelles colonies et la cinquième colonne


Depuis cinq siècles, la richesse de l’Europe s’est construite sur la conquête et les possessions extérieures. Découverte de terres inexplorées, conquêtes de territoires, exploitation de nouvelles ressources, asservissement de populations en ont peuplé sa richesse. Sa révolution industrielle n’en a été que la conséquence.

Et puis la mondialisation est arrivée. Les blocs des anciennes puissances ont peu à peu sombré tant dans l’Ancien monde que dans le Nouveau. Les conflits armés, la colonisation, le splendide isolement, le rideau de fer, ont fondu insensiblement jusqu’à se dissoudre dans ce qui semblait être un « Nouvel ordre mondial ». Des nations ont émergé, d’autres ont été englouties.

La finance et le capital se sont trouvés à la fois comblés et dévastés par ces changements profonds. Après avoir vécu comme les Medicis du XVème siècle des spéculations sur les matières premières, les guerres, les reconstructions, il leur fallait trouver de nouveaux terrains de jeu.  Ils se sont inventé les « marchés, les options, les certificats », nouvelle terre de conquête sur des territoires vierges virtuels. Par de mystérieux algorithmes, les Etats et les banques centrales toutes puissantes se sont trouvés doublés puis réduits en poussières par ce mastodonte devenu un monstre.

Les échanges financiers mondiaux atteignent en 2022 près de 500 trillions, un trillion en finance signifiant mille milliards. Ils ont doublé en dix ans. Alors que l’opinion publique croit les Etats et les banques centrales tout puissants, elle ne voit pas qu’ils n’y représentent qu’à peine 10 % : une part tellement ridicule qu’elle ne compte même plus.

Mais ce n’était pas assez. Quelle que soit sa puissance, la finance peut toujours être menacée par la force des révoltes ou des militaires. Il lui fallait donc asservir les deux vers une docilité domestique.

C’est désormais chose faite. Alors que certains naïfs hurlent pour les quelques mercenaires russes...

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