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Reporters sans frontières, naufrage à gauche

CONTRIBUTION / OPINION. L’offensive menée par l’ONG à l’encontre de CNews sur le terrain du pluralisme illustre sa dérive. RSF ne cherche plus à protéger les journalistes contre le joug de régimes autoritaires. Désormais, elle s’attarde à museler une partie de l’opinion sous prétexte de défense de la démocratie.

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Christophe Deloire, secrétaire national de RSF et François Jost, professeur émérite auteur du rapport contre CNews réalisé pour l'ONG Crédits illustration : captures d'écran YouTube ©CNews / ©SudRadio


Le Conseil d’État a donc donné raison à Reporters sans Frontières, la semaine dernière, dans la demande de mise en demeure contre la chaîne CNews. En avril dernier, l’association, sur la base d’un (médiocre) rapport réalisé par l’obscur sémiologue François Jost, demandait à l’ARCOM de se pencher sur le cas de CNews, lui reprochant l’absence de pluralité politique sur la chaîne d’information. Le sieur Jost avouait sans honte sur Sud Radio avoir fait son étude sur la base de deux semaines de visionnage (sic), il y a deux ans (re-sic), où il constatait, sur la chaîne, d’abord, qu’on y traitait peu d’information (13 % du temps d’antenne, le reste étant essentiellement du commentaire politique), ensuite que dans ses commentaires elle était beaucoup trop orientée à droite, voire à l’extrême droite.

On devine que le coup est éminemment politique, puisque l’année prochaine, en 2025, sera discuté du renouvellement des fréquences télévisuelles numériques, critique pour la préparation de la prochaine élection présidentielle de 2027. À charge désormais de CNews de revoir sa programmation pour se voir renouveler sa licence sur la télévision numérique française. Il lui faudra plus de pluralisme politique, et ce dans ses chroniqueurs et ses intervenants. À charge par ailleurs à l’ARCOM et à la chaîne d’aller coller des étiquettes politiques sur chacun de ses invités et chroniqueurs, qu’on devine pour le moment un peu trop d’extrême droite. On ne comprend pas trop comment, outre CNews, l’ensemble des médias télé pourraient demain garantir qu’ils aient invité ou fait intervenir les bons quotas, représentatifs du paysage politique. Dans sa décision le Conseil d’État se gardait bien, par ailleurs, de donner plus de précision, dans cet impossible fichage à venir des journalistes politiques. À charge de l’ARCOM de trouver demain une manière d’aller mesurer du pluralisme politique de ceux qui s’expriment...

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