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Emmanuel Macron enterre le corps diplomatique

19/04/2022

ARTICLE. Le lundi 18 avril, le Journal officiel a entériné la suppression du corps diplomatique français. Ce volet de la réforme de la haute fonction publique suscite de nombreuses réactions négatives.

Emmanuel Macron enterre le corps diplomatique


Enterriner une telle décision en plein entre deux tours de l’élection présidentielle, il fallait oser. Ce lundi 18 avril, par décret dans le Journal officiel, la suppression du corps diplomatique français a été actée.

Ce volet de la réforme de la haute fonction publique avait été validé fin 2021 et devrait être appliqué dès 2023. Les hauts fonctionnaires du Quai d’Orsay feront désormais partie du nouveau « corps des administrateurs de l’État », où ils rejoindront la quasi-totalité des hauts fonctionnaires français naguère formés à l’ENA (laquelle a été rebaptisée début janvier "Institut national de la fonction publique"). La carrière de nos diplomates, préfets, inspecteurs des finances et autres inspecteurs des affaires sociales ne sera plus cantonnée à un seul ministère. Il sera par exemple possible de voir un préfet de l’Eure nommé à l’ambassade de France en Russie.

Cette décision fait grincer des dents au ministère des affaires étrangères. « On ne s’improvise pas diplomate. C’est vraiment un apprentissage qui s’acquiert sur le terrain, au gré des affectations », explique un ambassadeur sous couvert d'anonymat à l’AFP. « La France voit détruire au bout de plusieurs siècles son réseau diplomatique. Le deuxième du monde », s’insurge Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen, elle, critique la volonté présidentielle de « remplacer des serviteurs de l’État impartiaux par du copinage ». Commentaire du pourtant très Macron-compatible Gérard Araud, ancien ambassadeur à Washington : « la porte est désormais ouverte aux nominations à l’américaine ».

Une idée si mauvaise ?

« La réforme cause une blessure profonde chez les agents du ministère et de fortes inquiétudes », explique au Monde Olivier Da Silva, permanent syndical de la CFDT. Le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a tenu à rassurer ses troupes : le concours d’Orient, qui ouvre un peu moins d’une...

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