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Affaire Xenia Fedorova : vent de maccarthysme chez les centristes

ARTICLE. Depuis quelques jours, les centristes ont pris pour cible la chroniqueuse de CNews, accusée d’être un relais de la propagande étatique russe. Ce camp politique passe désormais à la vitesse supérieure, et s’interroge sur la possibilité de surveiller — censurer ? — certaines chaînes YouTube, comme Thinkerview.

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Omar Havana/AP/SIPA


C’est attendu et il n’est pas besoin d'être devin pour savoir qu’à mesure que l’échéance électorale présidentielle s’approche, la question russe polluera de plus en plus les débats. Le camp centriste, en difficulté dans les sondages, s’en donne déjà à cœur joie, lui dont la présence au second tour est menacée à sa droite par le RN, mais aussi à sa gauche, par Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise. Alors face aux « extrêmes », les européistes agitent la « menace russe » ad nauseam. Une carte qui s'avèrera bien pratique pour délégitimer le résultat des urnes s’il s’avérait funeste pour le camp de Gabriel Attal, Edouard Philippe, ou Raphaël Glucksmann ?

Depuis quelques semaines, sans qu’on sache précisément ce qui a déclenché cette tempête médiatico-politique, la journaliste et ancienne rédactrice en chef de RT France (Russia Today) Xenia Fedorova navigue en pleine tempête. Désormais chroniqueuse régulière sur la chaîne CNews — où certains intervenants critiquent en interne son influence grandissante au sein de cette rédaction —, elle est accusée par ses détracteurs d’être le relais de la propagande du Kremlin sur notre sol. Au point d’interroger le Président de la République sur la légitimité de son permis de séjour sur notre sol.

Le 3 juin, à l’initiative de l’eurodéputée proche d’Edouard Philippe, Nathalie Loiseau, un courrier a été adressé à la Commission européenne et au Conseil européen par les eurodéputés macronistes. Dans cette missive, sont réclamées des sanctions individuelles contre celle qu’ils qualifient de « propagandiste russe notoire ». L’UE s’est en effet dotée d’un arsenal juridique qui l’autorise depuis octobre 2024 à sanctionner des personnalités ainsi que des entités juridiques responsables de recourir à la « désinformation coordonnée et à la manipulation de l’information ».


Les médias internet dans le collimateur


Mais ce n’est pas suffisant pour le camp centriste, qui...

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