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Manque de lits, crise de la profession… Les services de néonatalogie au bord de la crise

La Rédaction

12/10/2023

ARTICLE. Une série d’enquêtes de la Société française de néonatalogie (SFN) met en avant la dégradation inquiétante des services de néonatalité sur le territoire, ainsi que l’accroissement de la mortalité néonatale. Une inquiétante dynamique qui rappelle la précarisation de la société française.

Manque de lits, crise de la profession… Les services de néonatalogie au bord de la crise


La France était jadis l'un des navires amiraux de la natalité européenne. Mais cet âge d'or est révolu : faute d’avoir su ou pu bénéficier d’une maintenance de qualité, voilà que la coque se fend. Police, justice, Éducation nationale, santé… il ne se passe pas un seul jour sans que des signaux d’alerte ne révèlent pas telle ou telle défaillance de l’État. Nouvel exemple à ajouter à une liste déjà bien trop longue ce lundi 9 octobre : la Société française de néonatalogie (SFN) a publié une note de synthèse sur l’état de l’organisation des soins critiques en néonatalogie qui ajoute une louche dans cet océan de mauvaises nouvelles.

Une véritable dégringolade, et le mot est faible. Du bon éleve à la 3e place du classement européen en 1996, la France de 2022 pointe désormais à la 20e place. La mortalité néonatale, à savoir celle des enfants âgés de moins de 28 jours, a bondi en 2015, alors qu’elle était l’année précédente de 2,44 enfants décédés pour 1 000 naissances vivantes. En 2021, ce chiffre progressait à 2,72. La dégradation de cet indicateur n’est pas anodine, car « le premier mois de vie concentre 74 % des décès (et la première semaine de vie 47,8 %) », explique la SFN qui rappelle alors qu’en 2005, « ils ne comptaient que pour 65 % la mortalité infantile ».

Reste désormais à savoir quelle est la cause de cette détérioration. La SFN pose quelques hypothèses. Parmi celles-ci :  « la hausse de l’âge des mères au moment de l’accouchement, l’accroissement des grossesses multiples, les situations de précarité ». Mais également « le nombre croissant de grossesses poursuivies alors que le fœtus est atteint d’une malformation grave et incurable » qui s’élèverait à +200 % en 10 ans. Au-delà de ces possibilités,...

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