De la guerre numérique en démocratie
Via les technologies digitales, la Big Tech a pris un pouvoir croissant à la fois sur les esprits et sur l’infrastructure de la vie sociale. Les conditions de possibilité de la démocratie elle-même sont fragilisées à la racine. L’économie de l’attention se nourrit du piratage des cerveaux, le réel et la vérité s’éloignent, le monde commun se dissout, la guerre numérique s’étend.
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Notre expérience quotidienne du monde a été notablement digitalisée ces dernières décennies au point de donner naissance à ce qu’on appelle désormais l’économie de l’attention. Cette dernière repose sur la logique d’un marché « biface » où la plateforme digitale joue un rôle d’intermédiaire entre deux types d’acteurs – deux « faces » – qui n’ont rien en commun : les consommateurs de la plateforme (souvent gratuite) et les annonceurs qui entendent profiter de la présence des consommateurs (la capture de leur attention) pour tenter de rentrer dans leur cerveau. Plus ou moins profondément, plus ou moins durablement, notre cerveau a été piraté et, malheureusement, il en redemande. Problème périphérique ? Il semble bien que non. Selon une étude récente du Trésor public (1), l’économie de l’attention a coûté en 2025 à la France 0,6 point de PIB – 0,4 point en perte de temps productif (être sur son téléphone au travail) et 0,2 point en dégradation générale de la santé mentale. Évidemment, les Français en âge de travailler en 2025 font partie des générations ayant été relativement préservées des écrans dans leur enfance. Selon l’étude, en 2060, les externalités négatives générées par l’économie de l’attention pourraient coûter entre 2 et 2,9 points de PIB à la France : 0,2 point de dégradation de la santé mentale,
0,4 points de perte de temps productif et surtout entre 1,4 et 2,3 points liés à la détérioration des capacités cognitives de la génération frappée de plein fouet par les écrans et en âge d’arriver sur le marché du travail. Voilà qui permet de planter un décor à la fois réaliste et alarmiste. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pour le comprendre, il faut revenir sur la façon dont le capitalisme a progressivement digéré et subverti les outils potentiellement émancipateurs pour les intégrer à sa logique d’accumulation et sur l’influence des...
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