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Écologistes et agriculteurs : les "purs" et les "impurs"

À l’heure de l’interdiction du glyphosate, de la directive européenne sur les nitrates, de la loi sur l’eau, du mouvement antispéciste et de la création en France d’une école d’agriculture financée en partie par Xavier Niel, par ailleurs producteur de steaks végétaux, les agriculteurs ont le sentiment de passer pour la lie de l’humanité aux yeux des bonnes âmes qui nous gouvernent.

Écologistes et agriculteurs : les "purs" et les "impurs"

L’an dernier, les ménages français ont consacré 13,4 % de leurs revenus à leur alimentation. Soit trois fois moins qu’au lendemain de la guerre. Ces dépenses seraient-elles encore trop importantes ? Conviendrait-il de les diminuer davantage, en imposant quelques rationnements sur l’entrecôte et le faux-filet et ce afin de récupérer sur le marché florissant des nouvelles technologies quelques complémentaires prébendes ou lucratives royalties ? La question est aujourd’hui posée par les « écologistes punitifs » qui braconnent aux limites de l’hégémonie. Pour eux, malheur aux « impurs » de l’agriculture conventionnelle ! Et bienvenue à ceux qui accepteront de revenir à la pioche et au mulet quand le désherbant sera interdit et que la friche aura repris ses droits sur l’économie.

DES DONNEURS DE LEÇONS INCOMPÉTENTS

Tout cela parce qu’une bande de bricoleurs verdoyants, titulaires de scores n’excédant pas 2 % aux présidentielles, sert de variable d’ajustement sur le cadran des calculettes électorales. Leur talent ? Savoir comme personne filmer la fonte des glaciers, démonter un fast-food, survoler la Patagonie en hélicoptère et publier des tribunes où ils affirment savoir mieux que quiconque ce qui est bien pour nous. Tout se passe comme si certains people, n’ayant pu participer cette année au festival de Cannes, avaient trouvé, du côté des consciences cette fois-ci, d’autres marches à gravir en suggérant la contrition par une pirouette qui dépasse l’affliction.

Car qui mieux que ces donneurs de leçons, nouveaux adeptes du pull qui gratte et de la décroissance, pour montrer le chemin à ceux qui touchent le Smic, se tapent trois heures de métro par jour, passent à la salle de fitness pour faire comme tout le monde et, vers neuf heures du soir, poussent enfin la porte de leur sixième étage avant d’ouvrir celle de leur congélateur pour prendre un plat...

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