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L'anarchie positive

26/11/2021

L'édito de Michel Onfray.

L'anarchie positive


Au XIXe siècle, le socialisme français a été laminé par deux brutes de gauche : Adolphe Thiers et Karl Marx. Le premier au nom de la bourgeoisie républicaine qui craignait la résolution de la question sociale par les communards ; le second qui aspirait au monopole de cette résolution par la mise en place de sa doctrine qui préconisait la dictature du prolétariat – sur qui, demandait fort judicieusement Bakounine, si ce n’est sur le peuple ?

Deux gauches se sont ici entendues pour en détruire une troisième qui mériterait pourtant d’être pensée à nouveaux frais : les versaillais incarnent aujourd’hui la gauche maastrichtienne – Mitterrand & Rocard jadis, Jospin

& Fabius hier, Hollande & Macron aujourd’hui ; les marxistes disposent également de leur descendance – Parti communiste français & Nouveau Parti anticapitaliste, La France insoumise & Lutte ouvrière.

Où sont les descendants de Louise Michel & de Jules Vallès, de Rossel & de Varlin ? Nulle part… J’ai pour ma part l’audace d’en faire mes grandes figures de gauche avec Pierre-Joseph Proudhon.

Aujourd’hui, on est de droite ou de gauche et si l’on est de gauche, il faut être dans une case : socialiste ? communiste ? trotskiste ? Si l’on ne se reconnaît ni dans EELV, ni dans le PS, ni dans le PCF, ni dans LFI, ni dans le NPA, ni dans LO, c’est qu’on n’est pas de gauche, donc on est de droite et si l’on est de droite, c’est qu’on est d’extrême droite ! L’affaire est ainsi vite jugée sur les principes réactivés de la loi des suspects et du Tribunal révolutionnaire !

Peut-on imaginer que Louise Michel souscrirait à « l’homme déconstruit » de l’écoféminisme, à l’achat de gamètes et de spermatozoïdes, à la location d’utérus des femmes les plus pauvres, à la vente...

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