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Les enjeux sociaux de la souveraineté

26/11/2021

Être maître chez soi pour avoir les moyens d'y mener une politique sociale. Tel est aujourd’hui l’un des enjeux majeurs de la reconquête de la souveraineté, à rebours d’une mondialisation néolibérale qui brise les nations pour imposer la dérégulation capitaliste. En assumant clairement ce combat, la gauche ne renierait pas sa boussole internationaliste.

Les enjeux sociaux de la souveraineté


L’histoire du mouvement ouvrier a forcé le capitalisme à composer avec des conquêtes sociales auxquelles il résistait de toutes ses forces, et qui se sont inscrites graduellement dans les législations nationales, notamment en France. Les multinationales ont alors misé sur la géographie contre l’histoire, en délocalisant les productions afin de jouer sur l’inégal développement des droits sociaux dans le monde. Il s’agissait ainsi de faire baisser le coût du travail et de se soustraire aux régulations sociales. Cela s’appelle la mondialisation, sorte de tache d’huile à progression continue, infligeant la violence muette de la loi du plus fort en économie capitaliste. Désindustrialisation, chômage, emplois liquides et précaires, régression des salaires et des droits sociaux, disparition programmée des services publics… Tel fut le résultat de ce processus qui mit à mal simultanément les nations et les régulations sociales. La construction de l’Europe capitaliste conçue par Jean Monnet, avec la concurrence libre non faussée, a été le relais local d’un tel processus, comme le montre si bien Jean-Pierre Chevènement dans son livre La Faute de monsieur Monnet (éd. Fayard, 2006). Il y souligne entre autres le non-sens de la notion de « souveraineté européenne », imposture conceptuelle dès lors qu’il n’existe pas un peuple européen, mais plusieurs : « L’idée d'une fusion de souverainetés (Jean Monnet) et même d’une simple délégation n’a pas grand sens : le peuple est souverain ou il n’est pas. Privé de sa souveraineté, il cesse d’exister comme peuple au sens républicain du terme. »

Force est de constater que pour inverser la tendance, il faut que les nations réaffirment leur souveraineté. Non pas pour s’opposer mutuellement, mais pour construire des solidarités internationales impliquant la résistance au capitalisme mondialisé. N’est-ce pas la seule voie pour contrer la généralisation du moins-disant social et le creusement des inégalités entre les...

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