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La victoire d'Allah le miséricordieux

OPINION. Contributeur régulier de Front Populaire, le philosophe Yves Michaud revient pour nous sur l’attentat de Conflans. Une tribune forte sur le désarmement collectif et l’insignifiance relative de certaines postures symboliques

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L'indignation et l'émotion ne changent rien et ne changeront rien.

Après le châtiment par les frères Kouachi des blasphémateurs de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, après celui infligé à deux personnes prises pour des journalistes du même journal par un croyant armé d'un hachoir qui voulait, le 25 septembre 2020, leur faire payer la republication des caricatures du prophète, ç'aura été au tour de Samuel Paty (il n'aurait pas été juif, pour aggraver son cas?), professeur d'histoire-géographie au collège Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine, de subir, le 16 octobre, le châtiment de son blasphème : la tête coupée.

Tout a été dit sur le caractère symbolique de cette décapitation : l'assassinat le plus répugnant possible d'un enseignant, d'un enseignant en charge précisément de l'enseignement moral et civique, et au sein même de son lieu d'enseignement. L'assassin ne pouvait pas mieux choisir : décidément, ils sont forts en communication ces croyants ! On en avait eu une petite idée avec les vidéos gore de Daesh.

Cet assassinat est la conséquence directe d'un cours sur la liberté d'expression donné par ce professeur. Il rend réelles les dénonciations aussi bien formelles (auprès du principal du collège) que virtuelles (sur internet) de cet enseignant par des parents d'élèves appelant à ce que cet enseignant soit exclu de l’Éducation nationale. Voilà qui est fait.

Entre parenthèses, saluons aussi l'organisation des croyants : il a bien fallu fournir à l'assassin l'identité, la localisation et même la photo du blasphémateur... Rien n'est impossible à Allah.

Macron a beau se croire à Verdun ou se prendre pour la Pasionaria Dolores Ibárruri en nous gratifiant d'un « ils ne passeront pas » (no pasaran) ridicule, le mal est fait.

Chacun doit savoir qu'un blasphème, selon la religion mahométane appelle, tôt ou tard et inéluctablement, la peine de mort. Il fallut huit ans pour Charlie, un mois...

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