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Jacques Sapir : « On ne peut s’attaquer aux problèmes qui minent l’économie française qu’avec des mesures de choc »

ENTRETIEN. Crise économique, crise politique, crise sociale… À quelques mois des élections présidentielles, rien ne va plus dans la France d'Emmanuel Macron et l'avenir s'annonce (très) sombre. Pourtant, explique l'économiste Jacques Sapir, il existe des moyens d'amortir la casse. Notamment celui-ci : sortir de l'euro.

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© Jeanne Accorsini/SIPA


Front Populaire : Les taux d’emprunt obligataire de la France ont bondi ces dernières années. La France fait-elle figure d’exception en Occident, ou à tout le moins de cas extrême ?

Jacques Sapir : Le mouvement de hausse des taux touche toutes les économies occidentales depuis maintenant environ 18 mois. Ainsi, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont des taux à 10 ans nettement plus élevés que les nôtres. Mais, compte tenu du volume de la dette, et de la nécessité d’en refinancer une partie cette année et au début de l’année prochaine, partie qui avait été financée dans une période où les taux étaient très faibles, cette hausse des taux impliquera une hausse des intérêts qui vont donc peser dans les budgets des années à venir.

Ceci étant, il faut distinguer le taux nominal du taux réel, obtenu en retranchant du taux d’intérêt le taux d’inflation. En effet, le PIB (nominal) et les recettes de l’État augmentent au prorata de l’inflation. Or, on constate depuis 6 mois une accélération de l’inflation pour de nombreux motifs (crise des carburants et hausse des produits alimentaires induite à la fois par la sécheresse, la forte hausse des engrais – sous-produit de la crise des carburants). Si l’on atteint en fin d’année un taux d’inflation de 4%, ce qui est actuellement possible, la hausse du taux d’intérêt qui est actuellement de 4,9% pourrait, en termes réels, tomber à 0,9%. Même s’il est probable que nous aurons en fin d’année des taux au-dessus de 5,0% l’inflation sera certainement forte et compensera, en partie, cette hausse.

Donc, oui, nous sommes dans une période de hausse généralisée des taux d’intérêt, oui, compte tenu du montant de l’endettement et surtout de sa structure, cela pose un problème particulier pour la France. Cependant, il est nettement moins grave que ce que l’on...

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