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Au Qatar, l’exploitation des travailleurs immigrés plus forte que jamais

24/08/2020

A un peu plus de deux ans de la Coupe du monde 2022, les autorités qatariennes n’ont toujours pas tenu leurs promesses quant à la protection des droits des travailleurs immigrés, d’après un rapport récent de l’ONGI Human Rights Watch.

Au Qatar, l’exploitation des travailleurs immigrés plus forte que jamais

Au Qatar, les années passent et se ressemblent pour les travailleurs migrants. Alors qu’on estime leur présence dans le pays à près 2 millions, soit environ 95 % de la main-d’œuvre totale, la pratique des salaires retenus et impayés, ainsi que d’autres abus de rémunération sont encore en vigueur. C’est le triste constat du rapport de Human Rights Watch de 78 pages, intitulé « ‘How Can We Work Without Wages’? : Salary Abuses Facing Migrant Workers Ahead of Qatar’s FIFA World Cup 2022 » (« ‘Comment peut-on travailler sans être payé ?’ :Abus salariaux subis par les travailleurs migrants avant la Coupe du monde de la FIFA 2022 au Qatar ») publié le 24 août 2020. Et ce malgré les belles promesses qu’il avait faites, il y a trois ans en 2017, auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT) : protéger les travailleurs immigrés de rémunérations trop faibles en inadéquation avec le travail fourni, et surtout abolir le système mis en place par des dizaines de grosses entreprises, le «kafala » , qui lie le permis de séjour du travailleur à son contrat avec l'employeur et donc qui établit un lien de dépendance très fort.

Si l’approche de la Coupe du monde de football en 2022 a fait augmenter de façon significative l’appel aux travailleurs migrants pour la construction de plusieurs stades, de lignes de moyens de transports et d’hôtels de luxe, Human Rights Watch a également pointé du doigt que ces dérives sont bien implantées dans presque tous les secteurs professionnels : videurs d’établissements de nuit, gardes de sécurité, serveurs de cafés et de restaurants…

Sur les 93 travailleurs immigrés interrogés par Human Rights Watch, 59 affirmaient avoir dans les mois précédents reçu au moins une fois leur salaire avec du retard; 9 n’avaient même pas été payés car leurs patrons affirmaient n’avoir pas assez d’activités rentables pour...

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