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Échec de l’accord de libre-échange entre l’UE et l'Australie : un sursis pour l’agriculture française ?

ARTICLE. Les discussions autour de l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Australie se sont heurtées à un mur de désaccords sur les sujets agricoles. Si cette impasse vient brutalement retarder les ambitions commerciales des technocrates de la Commission, elle apparait comme une issue positive pour d'autres. 

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Bruxelles (UE) et Canberra n'ont pas réussi à conclure un accord en vue de l'établissement d'un accord de libre-échange, malgré des négociations entamées en 2018. L'accord prévu visait à ouvrir le marché européen à l'importation de viande ovine, bovine et au sucre australien, en échange d'un accès pour l'Union européenne aux minéraux australiens, essentiels à la production de véhicules électriques et d'éoliennes notamment. Le ministre australien de l'Agriculture, Murray Watt, a indiqué lundi sur la chaîne publique australienne ABC qu'il pourrait s'écouler plusieurs années avant une reprise des discussions, laissant entendre que le gouvernement australien pourrait ne pas reprendre les négociations avant les élections législatives de 2025.


L’impasse de Bruxelles


La Commission von der Leyen, au cœur de ces pourparlers, avait un objectif bien défini : réduire la dépendance des États de l'UE envers les Russes et les Chinois en se fournissant directement en minéraux précieux issus du sol australien. En contrepartie, l'UE avait accepté, d'ouvrir ses portes à la viande (bovine et ovine) et au sucre australiens. Mais voilà, l'Australie voulait plus. Les négociations ont été entravées par leur volonté d'exporter leurs produits sous des appellations géographiques européennes, à savoir les fameuses AOP : roquefort, gouda, féta ou encore jambon de Parme… Si les européistes ne voient pas d’un mauvais œil l’idée d’introduire de la concurrence dans le marché agricole de l’Union, l’UE, dans un rare élan de protectionnisme, a établi une liste de 400 produits à sauvegarder. D'où l'impasse.

Quoi qu’il advienne lors des prochaines négociations, en France, le ministre macroniste Olivier Becht, délégué en charge du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, défendait fermement la démarche, mettant en avant les intérêts industriels des minéraux australiens. L'agriculture française, est-elle sacrifiable pour quelques éoliennes ?


Le malheur des uns fait le bonheur des autres


En 2019, avec une production agricole totale de 77,0 milliards d'euros (représentant environ 18% du total de l'UE), la France se positionnait en tête des États membres. Comment un accord commercial avec un pays au marché agricole aussi différent du nôtre aurait-il pu n'avoir que d'heureuses répercutions ?

Ainsi, en encourageant d’un côté ce traité...

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