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Réforme de Schengen : un préambule à la « souveraineté européenne » ?

04/02/2022

ARTICLE. Emmanuel Macron a détaillé, le 2 février à Tourcoing (Nord), son projet de refondation de l’espace Schengen, qui vise à « reprendre en main le contrôle des frontières » de l’Europe avec des « mesures plus radicales », comme la création d’une « force d’intervention rapide ». Le préambule à la formation d’une « souveraineté européenne » ?

Réforme de Schengen : un préambule à la « souveraineté européenne » ?


« Ce conseil peut devenir le visage d’une Europe forte », a asséné Emmanuel Macron à Tourcoing (Nord), le 2 février. Le président français – candidat non assumé à sa réélection – a détaillé son projet de réforme de l’espace Schengen devant les 27 ministres européens de l’Intérieur, qui ont planché sur cette question à Lille durant les deux jours suivants.

Le président a proposé que l’UE crée, dès le 3 mars, un « conseil de pilotage » de l’espace Schengen, réunissant les ministres compétents des États membres autour d’un « coordinateur » (à l’identité mystérieuse), et qui serait doté d’un « mécanisme de solidarité et d’intervention rapide ». Ce dernier devra permettre à l’UE de répondre en cas de nouvelle crise à ses frontières et serait – aveu de Macron lui-même – le « bras armé du nouveau conseil Schengen sur le terrain ». Notre « président de l’Europe » voudrait que les pays européens coopèrent sur l’immigration de la même manière qu’ils ont « coopéré » sur le plan de relance européen.

En plus d’avancer vers une « convergence accrue des systèmes d’asile », cette réforme de Schengen doit permettre à l’UE et ses pays membres, grâce à des « mesures plus radicales », de s’adapter à une « transformation en cours » qui fait de l’immigration « une forme d’arme hybride de puissances qui veulent nous déstabiliser ». Il est amusant de noter qu’Éric Zemmour ou Marine Le Pen auraient pu tenir le même discours, mais au niveau national. Une coïncidence totale ?

La Commission européenne réclame

Pour ce qui est de la réforme en elle-même, un pilotage « politique » – et non pas technocratique – de Schengen serait évidemment un progrès, et semble nous remettre dans la voie de l’Europe des nations, où les représentants...

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