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Trente ans après son indépendance, l’Arménie est plus que jamais menacée

ARTICLE. C’est aujourd’hui le trentième anniversaire de l’indépendance de l’Arménie. L’occasion de rappeler que presque un an après la terrible guerre du Haut-Karabakh/Artsakh, l’Arménie, constamment menacée par l’alliance turco-azérie, poursuit la lutte pour son existence.

Trente ans après son indépendance, l’Arménie est plus que jamais menacée


Il y a trente ans, l’Artsakh/Haut-Karabakh – territoire historiquement arménien attribué par Staline à l’Azerbaïdjan – proclamait son autodétermination contre la politique de colonisation de la dictature raciste et panturquiste azerbaïdjanaise. Cela a eu lieu à l’issue d’un conflit commencé par les pogroms d’Arméniens à Bakou, Sumgait et Kirobovad, orchestrés par la dictature azérie. En même temps, dans le contexte de l’effondrement de l’URSS, l’Arménie proclamait son indépendance marquant la première existence d’une entité politique arménienne souveraine depuis l’existence brève de la première république d’Arménie entre 1918 et 1920.

Il y a un an, les troupes azéries, équipées de matériel moderne et notamment de drones, attaquaient l’Artsakh avec le soutien de forces turques et de mercenaires syriens djihadistes et islamo-nationalistes aux ordres de la Turquie.

Enfin, il y a cent ans, en 1921, l’Arménie, annexée par les bolcheviks, avait dû concéder un traité inique après avoir subi le génocide de sa population en Arménie occidentale. Le traité de Kars cédait à la Turquie les actuelles provinces turques de Kars, d'Iğdır et d'Ardahan (empêchant tout retour dans ces territoires de la population arménienne) ainsi que la capitale médiévale arménienne d'Ani, (la « ville aux mille et une églises ») et le mont Ararat, lieux culturels centraux pour la nation arménienne et pour le monde chrétien.

L’Arménie, cible privilégiée du projet néo-ottoman

Ce centenaire n’a pas été oublié par une Turquie qui exalte un discours expansionniste mélangeant néo-ottomanisme, négationnisme et panturquisme. Ce projet erdoganiste s’appuie au niveau culturel sur un discours présent dans les écoles turques (y compris au niveau d’une partie de la diaspora turque) ou encore par des superproductions de séries historiques telles que Vatanim Sensin, Dirilis Ertegrul ou encore Payitaht : Abdülhamid. Toutes destinées à flatter le nationalisme turc.

Ce projet néo-ottoman et panturquiste se déploie aussi actuellement contre...

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