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Ursula von der Leyen décide d’appliquer l’accord du Mercosur de manière provisoire

ARTICLE. Au grand dam de la France et pour le plus grand bonheur de l'Allemagne et de son industrie, la présidente de la Commission européenne s’assoit sur les contestations autour de cet accord dans l’Hexagone et au sein du Parlement européen, pour passer en force le traité.

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Matthias Balk/DPA/SIPA


En plein salon de l’agriculture, l’information risque d'agacer plus d’un agriculteur français. Ce vendredi 27 février, Ursula von der Leyen a annoncé l’application provisoire du traité du Mercosur, balayant le sujet en seulement cinq minutes de conférences de presse. « Le Conseil européen avait donné à la Commission le pouvoir d’appliquer provisoirement l’accord dès la première ratification par un pays du Mercosur. Et comme je l’avais déjà dit : lorsqu’ils seront prêts, nous serons prêts », a-t-elle expliqué.

Cette décision fait suite à la signature du traité ce 26 février par l’Argentine et le Paraguay. De l’autre côté du globe, les réactions outrées de la France ont commencé à se faire entendre. À commencer par celle du président français, en marge de la réception du Premier ministre slovène Robert Golob à Paris. « La Commission européenne a fait le choix unilatéral d’appliquer provisoirement l’accord avec le Mercosur, alors même que le Parlement européen ne l’a pas voté. Elle assume ainsi une très lourde responsabilité » a affirmé Emmanuel Macron, jugeant qu’il s’agissait d’une « mauvaise surprise ».

Il a également fustigé le peu d’égards faits au Parlement européen. « La décision d’application provisoire du Mercosur est un passage en force au mépris du vote des parlementaires européens », a-t-il considéré. En janvier, les eurodéputés avaient décidé de saisir la Cour de justice de l’UE pour vérifier la compatibilité du texte avec les traités européens. Ce vote aurait pu bloquer l’application du traité, mais certains États, Allemagne et Espagne en tête, avaient considéré que la Commission avait la légitimité juridique pour passer outre le délai d’attente d’un verdict non prévu avant 12 mois.


Une nouvelle motion de censure à l’horizon


« C’est une décision [qu'elle] regrette » et « préjudiciable », a déploré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard en marge du...

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