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Refuser le traité avec le Mercosur

CONTRIBUTION / OPINION. Projet issu de l'agenda technocratique européen au détriment de la France et de ses agriculteurs, le traité entre l'UE et le Mercosur s'applique provisoirement, dans la résignation générale. Dans cette tragédie, le citoyen porte lui aussi sa part de responsabilité, estime notre contributeur. Charge à lui désormais de s'unir politiquement pour résister.

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© Arnaud Cesar Vilette/SIPA


C'est le rôle du peuple de veiller à la défense des intérêts publics.

– Benjalin R. Barber, Djihad versus Mc World, Desclée de Brouwer, 1996)

Personne, au fond, n'en doutait vraiment. Tandis qu'avec l'énergie du désespoir, le monde agricole brûlait ses dernières cartouches, les accords entre l'Union européenne et le Mercosur étaient signés dans une indifférence bureaucratique. Pire. Abusant légalement de son Pouvoir, car l' « Europe » est un abus de pouvoir, la présidente de la Commission en a décidé l'application provisoire avant même le vote du Parlement, rappelant, si nécessaire, son mépris des élus, des peuples, et des élections. De gré ou de force, les Français – vous et moi – mangeront du poulet « frais surgelé », toxique aux hormones interdites, produit en batteries industrielles façon Jacques Tricatel et importé d'Amérique du Sud sous les étiquettes « filière française », « bio » ou « Père Dodu ». Quant aux paysans, abandonnés en rase campagne par leurs défenseurs institutionnels – syndicats, politiciens, fonctionnaires – et les consommateurs eux-mêmes, il leur restera bientôt la liberté de choisir, victimes de la guerre de tous contre tous, entre mourir de faim et se suicider.

Mais le citoyen, lui non plus, n'est pas innocent. Si l'accord avec le Mercosur est l'arme du crime, si l'Union européenne en est le co-auteur et le bras armé, il en est, quant à lui, complice au deuxième degré. Jamais traité n'aurait vu le jour si les « décideurs » n'avaient pu compter sur la docilité, le renoncement, ou l'indifférence, des citoyens-consommateurs, héritiers déchus du peuple souverain. Comme tant d'accords ou lois scélérats, « le Mercosur » nous est imposé parce que le peuple politique, détenteur en droit de la souveraineté nationale, a cessé d'exister. Anesthésié par l'Etat-providence, nourri  au lait stérilisé de l'abondance, troquant son pouvoir politique – c'est la tragédie de l'Occident – contre un « pouvoir d'achat », il...

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