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Boualem Sansal : Harki du XXIe siècle

CONTRIBUTION / OPINION. L’histoire se répète. En 1962, les harkis furent abandonnés, livrés à la violence d’une Algérie indépendante. Aujourd’hui, c’est Boualem Sansal, écrivain dissident, qui paie le prix du reniement historique. En détention, malade, il est le symbole d’une époque où la mémoire sélective et la culpabilité écrasent le combat pour la liberté.

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Crédits illustration : ©Cesar VILETTE/OLA NEWS/SIPA


« Les excès de liberté mènent au despotisme, mais les excès de la tyrannie ne mènent qu’à la tyrannie », écrivait le grand Chateaubriand. Cette analyse de Chateaubriand peut donner un point de départ sur les relations franco-algériennes depuis les accords d’Évian à l’emprisonnement sordide du prophétique Boualem Sansal. Si l’histoire est cyclique, comme le définit si bien Saint-Augustin, alors nous revivons dans un premier temps les premiers événements de 1954 à Alger, 1962 pour la fin d’une histoire commune et le retour de la vengeance. Une vengeance qui se veut sociale, voire sociétale. Une revanche sur un esclavage qui aurait existé par les Français durant la période coloniale (post-conquête. Malgré les exactions qu’il y a pu avoir durant le temps des colonies, ces dernières ont mis fin à l’esclavage.), une revanche sur l’apport de la modernité dans cette région du Maghreb (pour rappel, le terme de « moderniser » est un mot du bachaga Boualam, quatre fois vice-président de l’Assemblée nationale).

1954 marque un premier tournant dans la guerre civile métropole-Algérie. Les assassinats politiques, les révoltes pour la « liberté » en pleines trente glorieuses, ou encore une volonté de défiance classique envers l’État, comme tout mouvement qui se veut insurrectionnel, national ou local. C’est en cela que Chateaubriand a été prophétique : on a laissé la liberté trop large, façon fin de règne de Charles X, et on a eu les massacres des harkis, l’abandon des pieds-noirs.

Sansal est un harki des temps modernes. Rappelons que le harki est l’Algérien qui a choisi la métropole à l’indépendance, qui a été considéré comme un traître à son nouveau pays, à sa région du moins, et donc a été massacré. En 1962, Rima Hassan aurait accepté le sort de ces fidèles à la France. Pour preuve, son vote contre la résolution du Parlement européen pour demander...

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