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L'État de droit, ou la mort annoncée des États-nations

CONTRIBUTION / OPINION. L'inconscient collectif a fait de l'État de droit un incontournable pilier de la démocratie et de ses valeurs. Une distorsion qui sert de paravent à la dikastocratie, ou gouvernement des juges.

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© NICOLAS MESSYASZ/SIPA


N'en déplaise à Laurent Nuñez, l'ensauvagement de notre société n'est pas un sentiment mais une réalité quotidienne. Soir d'après match ou violence purement gratuite, on peut affirmer, paraphrasant Sully, que saccage, pillage, tabassage et lynchage sont les mamelles dont l'actualité est alimentée. Et comme d'habitude, les polémiques concernant la récurrente et totale incapacité de l'État à assurer la sécurité des citoyens se succèdent sur l'ensemble des médias. À longueur d'antenne alternent diatribes et lénifiants, mais souvent mensongers, éléments de langages gouvernementaux censés rassurer les Français…

Et à cet habituel tapage s'est récemment ajouté, dérisoire mise en garde, « Il y aura un après ! »… Que voilà donc un bon mot. Monsieur de La Palice en eut dit tout autant. Il y a tous les jours un après. Mais on ne peut que malheureusement constater qu'il ressemble invariablement à l'avant ou à la veille. Un peu comme dans Un jour sans fin, ce film où le personnage principal se réveille chaque matin pour revivre la même journée. Quant aux « dysfonctionnements », Gérald Darmanin lui-même ayant utilisé ce terme, ils sont systémiques et liés à cinq décennies de dénis de la part d'un establishment qui observe la réalité quotidienne « Eyes Wide Shut », les yeux grands fermés.

Face à cela, le peuple s'interroge et s'indigne : quand le pouvoir va-t-il réagir ? Vaine interrogation… Il n'y a pas de pouvoir, ou plutôt il n'est plus là où il devrait être. La séparation des pouvoirs, en son temps soutenue par Montesquieu, a enfanté d'une tentaculaire confusion des pouvoirs. Ces pouvoirs, ou reconnus comme tels, sont désormais légion. Ils s'agitent, se contredisent, se courroucent, s'affrontent mais au final s'annihilent réciproquement. Hormis un pourrissement de la situation, rien n'advient, aucune action notoire, aucune avancée significative.


L'État de droit, un système ambivalent et paradoxal


On résume souvent le droit...

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