Chroniques d'un impossible Brexit, partie 1 : Farage contre Clegg, la guerre des deux clans
CONTRIBUTION / OPINION. Le Brexit, sursaut d'un peuple à la reconquête de sa souveraineté, continue de hanter le monde politique britannique – au moins autant que la technocratie européenne. Aux origines du Brexit étaient deux hommes, deux clans et deux projets civilisationnels antagonistes.
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Nigel Farage en fait le moment qui changea sa trajectoire politique. Dans son livreThe Purple Revolution, autobiographie en forme de manifeste politique, Farage ouvre par le débat qu’il accepte contre Nick Clegg, en 2014, en marge des élections européennes à venir dans le Royaume-Uni. Nous ne sommes pas encore au référendum du Brexit, qui n’aura lieu que deux ans plus tard ; mais le débat entre les deux hommes, et son succès médiatique, laisse entrevoir que la question de l’adhésion à l’Union européenne est un sujet qui passionne déjà au Royaume-Uni.
Clan contre clan
Tout ou presque oppose les deux hommes. Farage est alors un politique marginal, au sens propre ; son petit parti d’alors, le UKIP (le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni) est un parti de seconde zone, à la marge des deux grands partis travaillistes et conservateurs. Comme la plupart des membres du UKIP, Farage n’est pas tout à fait du sérail (bien qu’il fût élève dans un prestigieux lycée privée, et qu’il fut au départ ancien conservateur avant de participer à la création du UKIP en 1993). Sans diplôme universitaire, self-made man comme disent les Britanniques, « trader » en matières premières après le lycée, il se fait connaitre sur la scène politique notamment pour ses saillies à Bruxelles, son parti eurosceptique parvenant à faire élire un petit contingent de députés européens. Ses coups d’éclats au Parlement européen font sa renommée, comme lorsqu’il rudoie Jean-Claude Juncker, qu’il qualifie de « personne la plus vile à la Commission européenne » ; lorsqu’il traite Van Rompuy de « petit employé de banque », avec « le charisme d’une serpillère humide », que « personne sans doute ne reconnaitrait dans la rue à Bruxelles » ; lorsqu’il qualifie la Belgique de Van Rompuy de «non-pays », de « non-État », de « non-nation » ; lorsqu’il déclare que « mettre au chômage Juan Manuel Barroso serait une œuvre de...
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