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Où sont les hommes ?

09/02/2021

CRITIQUE. L’un de nos contributeurs nous livre une critique. Il y analyse les caractéristiques des personnages de la série « les Petits Meurtres », diffusée sur France 2, série qu’il nous dit adorer, mais qui déclencherait néanmoins chez lui « quelques démangeaisons d’agacement » du fait de l’insistance un peu lourde sur certains thèmes dans l’air du temps.

Où sont les hommes ?

Les couleurs sont toujours aussi vives, les accessoires aussi bien choisis, les séquences aussi bien tournées et l'intrigue aussi efficace. Le téléspectateur contribuable en a pour son argent, et on voit bien à l'écran que la production n'a pas mégoté sur le budget. Techniquement, cette nouvelle saison des "Petits Meurtres" sur France 2 n'a rien de commun avec les soporifiques "drames ruraux du samedi soir", luxueusement réalisés (par FR3 Haute-Marne*) avec trois uniformes défraîchis et deux Renault Trafic réformés de la Gendarmerie, acquis à bon compte dans une vente des Domaines.

Il faut aller chercher ailleurs les continuités (et ruptures) entre les deux époques de notre saga télévisuelle.

Résumons les typologies des épisodes précédents, en commençant, par exemple, par les hommes.

Saison 2

Le cas du divisionnaire Tricard (le nom dit tout) est vite réglé : parfait honnête homme, adepte du "pas-de-vague", intelligent, sensible et alcoolique honteux, il se contente de faire confiance à son ardent subordonné (à qui il essaie, tout de même, de tenir la bride un peu courte). En pâmoison devant l'inaccessible Marlène, cet amour platonique occupe tout son univers, jusqu'à l'irruption tardive de la tornade Carmouille. On ne tient pas, là, de quoi bâtir un héros romantique, à la James Dean ou à la Steve McQueen.

Le commissaire Swan Laurence est d'un tout autre calibre : héros de l'ombre pendant la guerre, il est revêtu d'une aura d'ancien tueur froid, à la James Bond. Dandy raffiné (costumes impeccables, voiture Facel-Vega de prestige), il habite un appartement entièrement meublé en Art-Déco, sans un grain de poussière, à l'ordre millimétré tellement parfait qu'il a l'air en permanence inhabité. Dans ce refuge à l'abri de la fureur du monde, notre commissaire ne boit que du très bon whisky, en écoutant du vieux jazz (pré-bebop, c'est dire s'il est réac...)...

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