opinionssociété

Plan mentorat : un cheval de Troie idéologique au sein de l'Éducation nationale

CONTRIBUTION / ANALYSE. 
Depuis 2021, l’État accentue le financement du mentorat, déléguant à des fondations privées la prise en charge d’élèves de REP (Réseau d’éducation prioritaire). Parmi celles-ci, des structures servent de relais d’influence à l’Open society et au frérisme.

/2023/04/Salle-de-classe-education-nationale


Le Parisien du 19 avril dernier consacrait un article élogieux à la nouvelle donne éducative française expérimentée depuis deux ans dans quelques établissements d’éducation prioritaire : le suivi personnalisé d’élèves par des tuteurs bénévoles, sous l’égide de fondations et d’associations. Déjà présent en France sur un modèle d’inspiration républicaine, le système du mentorat connaît un net infléchissement idéologique avec la mise en place par l’État du plan « 1 jeune 1 mentor », en 2021. Car bien qu’il se réclame systématiquement de la méritocratie, le dispositif s’appuie en réalité sur la conception très américaine d’« égalité des chances ». Au modèle laïque français continue à ainsi se substituer en sous-main une conception mondialisée et multiculturaliste de l’éducation, indissociable de la discrimination positive. Retournement de paradigme planifié par un État qui n’aime pourtant rien tant qu’à évoquer les « valeurs de la République » : les fondations de mentorat sont certes des instances privées, mais elles bénéficient de la taxe d’apprentissage et de la dotation de 27 millions d’euros prévue en 2023 par le plan mentorat.

Parmi les structures investies à cette fin par l’Éducation nationale, Archery, fondation opportunément créée en 2021 par Thierry Déau, PDG du fonds d’investissement Meridiam. Le ministre de l’Éducation nationale est membre de droit de son conseil d’administration. Comment Archery, qui intervient depuis deux ans à Marseille, Saint-Denis et Sarcelles, et dans le XVIIIe arrondissement de Paris, sélectionne-t-elle ses lauréats, dont elle dit, notamment, pouvoir financer entièrement les études aux États-Unis ? « Une première phase d’identification de potentiels candidats au Jury de la Fondation […] commence dès les premières semaines de l’année de 3e […]. Les élèves, une fois identifiés, sont amenés à rencontrer le Program Manager de la Fondation », lit-on sur le site d’Archery. Un seul Program manager figure dans l’organigramme, Lyes Ben-Ali. La fiche LinkedIn et le compte Facebook de ce dernier...

Vous aimerez aussi