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Remaniement : Jusque-là tout va très mal, continuons !

CONTRIBUTION / OPINION. Les rumeurs de remaniement enflent. Pourtant, selon le pouvoir, le pays se porterait très bien ! Alors, pour quoi faire, avec qui et quelle place pour un président qui, depuis le premier jour de son premier mandat, gouverne ? Avec, en cas de nouvel échec, la perspective d’un second tour apocalyptique en 2027.

Macron borne remaniement
Le Premier ministre Elisabeth Borne, à gauche et le président français Emmanuel Macron avant le Conseil olympique et paralympique, le 19 juillet 2023.Crédits illustration : © Yoan Valat/AP/SIPA


Comme une antienne en Macronie, voilà que le remaniement s’invite de nouveau aux Unes de l’actualité. Depuis le premier jour de sa nomination, puis après la perte dans la foulée de sa majorité absolue au Palais Bourbon, les rumeurs du départ d’Élisabeth Borne apparaissent consubstantielles à sa fonction de « Première » ministre. Le second mandat d’Emmanuel Macron a à peine débuté qu’il est déjà fini, cahotant de crise en crise. Il pourrait faire sien le titre d’un livre de la très abrasive Tatiana Ventôse : « jusque-là, tout va (très) mal ». Le président n’a plus d’idées, plus de ressources, plus d’alliés et, devenu inéligible, est en passe de perdre toute autorité. Et faute d’avoir fait campagne la seconde fois comme la première, il n’a aucune ligne forte, aucun horizon sur lesquels s’appuyer pour donner le moindre sens à son mandat. Pourquoi est-il là où il est ?

Autosatisfecit présidentiel


Pourtant, dans ses vœux, Macron a rassuré les Français : tout va bien, nous sommes extraordinaires, pour peu que vous vouliez bien ouvrir les yeux. Oyez, bonnes gens de bonne volonté, le pays est apaisé : les émeutes n’ont duré que cinq jours en juillet, elles n’ont coûté qu’un tout petit milliard d’euros (mais rassurez-vous, le contribuable est solvable et la collecte de l’impôt est le dernier service public qui fonctionne encore correctement), elles n’ont touché qu’à peine 550 communes (et donc en ont épargné 34 395…). Rassurons-nous, toutes leurs mairies n’ont d’ailleurs pas été attaquées. Seules 250 écoles ont été brûlées. Les émeutiers ont échoué à carboniser des maires et leur famille en incendiant leur domicile. Il n’existe pas de contre-société et d’ailleurs pas plus de deux professeurs de l’école publique ont été égorgés par des terroristes islamistes. Mais en revanche, nous avons déjoué tant d’attentats de l’extrême droite, si seulement on pouvait tout vous dire…...

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