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Réseaux sociaux : bienvenue chez les pyromanes anonymes

OPINION. Twitter ne porte pas d’arme, Facebook ne pose pas de bombes, WhatsApp ne fonce pas dans la foule… ce ne sont que de simples supports virtuels d’échange, de communication et d’information tendrement inoffensifs, mais tout aussi incontrôlables et dont on mesure de plus en plus les conséquences les plus sombres.

Réseaux sociaux : bienvenue chez les pyromanes anonymes

Twitter ne porte pas d’arme, Facebook ne pose pas de bombes, WhatsApp ne fonce pas dans la foule, Snapchat n’est pas un sniper embusqué… ce ne sont que de simples supports virtuels d’échange, de communication et d’information tendrement inoffensifs. En quelques années, ils sont devenus les nouveaux symboles d’une sociabilité collective et bienveillante. Un formidable moyen d’élargir le cercle de ses amis, de ses relations, de s’ouvrir au monde, de cultiver le champ de ses connaissances et de partager ses réflexions, ses idées, ses photos, ses vidéos, ses activités, bref sa vie, sans bouger de chez soi. Un gain de liberté, de temps et de confort indéniable, mais tout aussi incontrôlable et dont on mesure de plus en plus les conséquences les plus sombres.

Des réseaux aussi inarrêtables, fous et brulants qu’un incendie d’été méditerranéen. Ils mettent le feu et le propagent à une vitesse fulgurante, attisés par les vents mauvais de la haine, de la provocation, de la surenchère, des raccourcis, des délires paranoïaques, des amalgames et des affirmations à l’emporte-pièce. Une image dans une école déclenche une cascade de réactions « connectées » qui tissent le lien mortel entre un assassin et sa victime. Sans ce truchement, ils ne se seraient probablement jamais croisés, l’un n’aurait jamais entendu parler de l’autre et le professeur continuerait à instruire, à transmettre son savoir patiemment, par amour pour son métier et pour ses élèves.

On considère parfois et à juste titre que certains propos tenus sur les réseaux sociaux sont dignes du « café du Commerce ». Mais au-delà de cette formule consacrée, plusieurs dimensions fondamentales ne sont plus opposables désormais aux réseaux sociaux : celle de l’espace, celle de la dialectique et celle de l’éphémère. La première nous renvoie directement à l’institution qu’elle évoque, le café, le bistrot ou tout...

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