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Retraites : l’État providence sans la nation est-il (encore) possible ?

OPINION. Le débat sur la réforme des retraites passe à côté de l’enjeu essentiel, qui est celui de la préservation de notre modèle social. Chose impossible, selon notre lecteur, sans rétablissement de la nation.

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Les Français refusent la disparition de l’État providence, ils refusent leur mise à mort par l’inflation puis la récession. Les Français acceptent encore moins l’agonie financière par étalement que propose le gouvernement. Le thème des retraites est explosif parce qu’il implique la finalité de l’État providence, la finalité de la démocratie sociale. Or une démocratie sociale n’est pas possible sans l’existence de la nation. C’est la nation qui se donne la démocratie sociale comme forme de gouvernance. La nation détermine et délimite le champ d’action de l’État providence, le périmètre de sa société. La préférence nationale est ainsi une condition de l’État providence. Autrement, c’est une ONG, pas un État-nation. Les choix d’une société universalisée, immigrationiste, supranationale ou mondialisée, sont des choix incompatibles avec l'État providence, car ils éliminent le principe de nation. (1)

Le déni de nation engendre la perte de souveraineté. Depuis le traité de Paris et la CECA (2), jusqu’au démantèlement d’EDF, nous avons progressivement transféré toute notre souveraineté vers l’Europe. C’est absurde parce que volontaire, planifié, voté, et c’est à mettre au regard de notre rejet de l’idéal national. En mutualisant nos ressources et en liquidant notre compétitivité, nous avons abdiqué l’idéal national. Pourtant c’est encore une fois la nation qui est le support, la matière du contrat social. En effet, celui-ci a pour objet les membres de la communauté nationale, et le gouvernement qu’il se donne. Quand le contrat social est rompu, le peuple ne fait plus nation, ne s’offre plus à lui-même la protection de son identité, il n’a plus les commandes, il ne s’appartient plus ; le gouvernement, au nom de l’intérêt général qu’il usurpe, gouverne contre la volonté générale. Le divorce est total, il y a d’une part un peuple en mal de souveraineté et d’autodétermination, de l’autre un gouvernement engagé dans...

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