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Sempé : l’éternel écolier

17/08/2022

OPINION. Bien plus qu’un simple divertissement, l’œuvre de Sempé, disparu le 11 août à 89 ans, est une immersion dans l’univers des écoliers, qui a nourri l’imaginaire de plusieurs générations.

Sempé : l’éternel écolier

Le père du Petit Nicolas nous a quittés le 11 août dernier. Je ne peux m’empêcher depuis quelques jours de repenser à tous ces moments de classe que j’ai vécus grâce à l’immense talent de Jean-Jacques Sempé. J’étais alors remplaçant et je tournais d’école en école dans les communes autour d’Aulnay-sous-Bois, ma ville de rattachement administratif à cette époque où j’exerçais le plus souvent. Pour prendre certaines classes difficiles, une petite lecture afin d’avoir d’entrée de jeu le calme sans même le demander permettait également de commencer la journée en travaillant dans la bonne humeur. Le Petit Nicolas et les diverses histoires dans les livres suivants, les récrés, les vacances, où les copains me laissaient le choix, et je n’hésitais pas à prendre un épisode qui ouvrait un débat dans la classe en fonction des problématiques. Cela sensibilisait les élèves et les remettait dans un contexte scolaire où certains auraient éventuellement moins apprécié de venir à l’école…

Un exemple significatif de l’immense popularité de Sempé et de Goscinny parmi les élèves me revient en mémoire. J’étais en poste pour plusieurs semaines, il y a une quinzaine d’années, dans une classe de CE2 d’une école dans le quartier de la gare d’Aulnay-sous-Bois : des élèves dans l’ensemble sympathiques, nombreux, mais pas trop pénibles, avec de sérieuses difficultés en français et qui pour la plupart n’aimaient pas lire du tout. La directrice m’avait alerté sur ce point, et je n’hésitais pas à leur lire les histoires le matin, et en début d’après-midi pour débuter chaque demi-journée dans la sérénité et le plaisir de lire. Après quelques jours les élèves étaient eux-mêmes demandeurs, et certains souhaitaient m’emprunter mes livres pour les parcourir chez eux. Je leur confiais volontiers et m’inquiétais auprès des collègues pour savoir si quelques exemplaires ne traînaient pas au fond...

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