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Un prof agressé... c’est un prof agressé !

CONTRIBUTION / OPINION. Une récente vidéo virale donne à voir l'agression d'un enseignant du lycée Jules-Guesde de Montpellier par plusieurs élèves. Devant les pudeurs sémantiques de la presse et l'extrême prudence de l'administration, notre contributeur insiste sur l'importance de bien nommer le mal.

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Ce vendredi 10 avril, au lycée Jules-Guesde de Montpellier, un enseignant a été agressé par plusieurs élèves. La vidéo est claire : ce n’est pas l’enseignant qui a initié le premier geste violent. Pourtant, ces faits ne semblent pas évidents pour tout le monde…


Un narratif médiatique qui n’est pas neutre !


Pour Le Figaro, qui n’est pourtant pas une officine d’extrême gauche faisant la promotion du laxisme éducatif, l’agression physique dont a été victime l’enseignant relève d’une simple « altercation », soit (selon Larousse), « une querelle brève, soudaine et violente » (1). Sachant qu’une « altercation », dans son entendement commun, induit une vive confrontation verbale, mais pas forcément une dimension physique, l’usage délibéré de ce terme démontre, sinon une certaine volonté de relativiser l’évènement, à tout le moins une intention d’en occulter la portée symbolique. En effet, s’en prendre à un enseignant, ce n’est pas seulement agresser un individu au hasard pour assouvir une pulsion de violence, c’est aussi et surtout attaquer et contester l’École, fondement de la République !

Au passage, il est surprenant de constater qu’un média qui se présente comme conservateur se soit fait le relais de la rhétorique et du lexique wokiste, un lexique auquel appartient le terme « altercation » dont la vocation, dans ce contexte d’agression physique sur un professeur, est clairement minorative. Encore un petit effort et peut-être que pour le Figaro, l’insécurité deviendra juste un « sentiment »...

Ce média, qu’on a connu plus inspiré, se serait-il contenté d’évoquer une banale « altercation » sans conséquences ou bien aurait-il alerté l’opinion sur les graves dangers qui menacent la liberté de la presse si, par exemple, des militants de la Jeune Garde avaient bousculé et tabassé l’un de ses journalistes en plein reportage ?

Le HuffPost, quant à lui, qualifie cette agression de « bagarre » (2). Toujours selon Larousse, une bagarre est « un...

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