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ASTRID, ou quand l’État sacrifie la recherche sur le nucléaire

14/09/2021

ARTICLE.  Un rapport présenté à « l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques » met en avant la défaillance de l’État dans le dossier ASTRID. Sans raison convaincante, le gouvernement a opté pour l’arrêt du programme en 2019. Une décision faite en catamini et aussi dommageable pour la France que pour la filière…

ASTRID, ou quand l’État sacrifie la recherche sur le nucléaire

La filière nucléaire est en péril. C’est ce qui ressort du rapport d’une centaine de pages présenté le 8 juillet dernier à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Le texte — publié ce lundi 13 septembre — des deux rapporteurs du rapport, le député Thomas Gassilloud (LREM) et le sénateur Stéphane Piednoir (LR) fustige l’arrêt du programme ASTRID, destiné à produire les réacteurs nucléaires de quatrième génération.

Au-delà de cette décision discutable, pour les deux parlementaires c’est aussi la manière qui pêche. Il y a tout d’abord eu cette décision prise en par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) dès 2017, de « diviser par 4 la puissance du futur prototype ASTRID », ce qui « revenait à repartir sur la conception d’un nouveau réacteur » la puissance du futur réacteur passant alors de « 600 MWe à 150 MWe ». Mais cette diminution s’est faite sans annonce ni explications officielles de la part CEA.

Plusieurs milliers d’années d’autonomie, pourtant

D’après les informations recueillies par les rapporteurs, il apparaît que dès 2017, le CEA a pris la décision de réduire la puissance du futur réacteur ASTRID de 600 MWe à 150 MWe. Toujours sans explication, il a décidé de ne plus poursuivre le projet ASTRID après 2019. Mais ni le Sénat ni l’Assemblée nationale n’ont été informés de cette décision d’une importance capitale pour l’avenir énergétique de notre pays. Il aura fallu un article du Monde, paru le 29 août 2019, pour que soient informés députés, sénateurs et citoyens.

ASTRID a été lancé en 2010. Dans une déclaration datant du 5 janvier 2006, Jacques Chirac (alors président de la République) avait décidé de lancer un plan ambitieux de conception d’un « prototype de réacteur de quatrième génération, qui devra entrer en service en 2020 ». Il...

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