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Et revoilà Macron en pourfendeur des « professionnels du malheur »

10/01/2023

ARTICLE. Emmanuel Macron a demandé à ses troupes de faire front aux « professionnels du malheur », reprenant ses tics de langage depuis son élection en 2017. Jusqu’à en oublier ses propres déclarations lors des différentes crises.

Et revoilà Macron en pourfendeur des « professionnels du malheur »


C’est l’une des marottes d’Emmanuel Macron. Lors du premier Conseil des ministres de l’année, le 4 janvier, le chef de l’État a exhorté le gouvernement à faire face aux « professionnels du malheur » et aux « esprits tristes ». Afin de stimuler ses troupes, il en a profité pour citer une nouvelle fois le philosophe Alain : « Pensez printemps ». Pour ce faire, les ministres devront faire preuve d’ « audace » et d'unité dans un « monde brutal ». « Mettez-vous du côté des gens », a-t-il encore plaidé, pour « entendre » les Français à l'heure où les crispations se multiplient. La Première ministre, Elisabeth Borne, lui a emboîté le pas en déclarant que « la peur est inutile, il faut l’ignorer ». Pourtant, dans la courte histoire de la Macronie, la peur a été l’une des cartes qu’elle a le plus souvent jouées.

C’est à croire que le président de la République a un peu vite oublié ses déclarations précédentes : lors de la crise du Covid (le fameux « Nous sommes en guerre », le 16 mars 2020), au moment du déclenchement de la guerre en Ukraine (« La guerre en Europe n'appartient plus à nos livres d'histoire ou de livres d'école, elle est là, sous nos yeux », le 2 mars 2022) ou encore au début de l’hiver, sur les conséquences de la crise énergétique et sur les scénarios du pire qui se profilaient, avec de possibles coupures de courant.

Gouverner par la peur


Début décembre, dans une chronique au Point, l’historien Thierry Lentz critiquait vivement cette façon de gouverner par la peur et par « la tristesse » : « L'enthousiasme est devenu un défaut. Et malheur à qui est heureux quelque part, c'est si louche qu'il faut vite penser une...

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