Référendum : concours de cynisme et d'hypocrisie chez les centristes
ARTICLE. Souvent promise, jamais dûe, l’idée du référendum fait son chemin et devrait être l’une des propositions majeures de la campagne présidentielle. Mais taxé de populisme, cet outil sera-t-il véritablement proposé par les centristes s’ils étaient reconduits au pouvoir ?
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Décembre 2024. Alors en pleine tempête politique provoquée par la dissolution de l’Assemblée nationale six mois plus tôt, le président, fait cette annonce dans ses traditionnels vœux de fin d’année : en 2025, les Français seront appelés à « trancher » certains « sujets déterminants » pour préparer l’avenir. « Je souhaite qu’on puisse organiser une consultation multiple, plusieurs référendums en même temps dans les mois qui viennent », ajoute-t-il. Vingt mois plus tard, pas l’ombre d’un référendum.
Qu’à cela ne tienne. Si ce n’est pas d’Emmanuel Macron, qui a fait du référendum — également évoqué en 2020 pour inscrire la lutte pour le climat dans la Constitution — une arlésienne jamais réellement prise au sérieux, le camp centriste n’entend pas laisser cet outil aux mains de ceux qu’ils qualifient d’extrêmes, à savoir LFI ou le RN. Yaël Braun-Pivet, quatrième personnage de l’État en qualité de présidente de l’Assemblée nationale explique proposer « depuis des années qu’on fasse des référendums régulièrement » se disant « très favorable à la consultation des citoyens »… tout en ayant rejeté l’hypothèse d’un référendum sur l’immigration par le passé.
Deux anciens Premiers ministres macronistes préconisent également le recours à cet outil gaulliste. Edouard Philppe propose des référendums qui porteront sur les retraites ainsi que « l’inscription dans la Constitution d’une règle d’or » budgétaire. En 2018, lors du grand débat post-crise des Gilets jaunes, il rappelait son opposition au référendum d’initiative citoyenne : « le RIC me hérisse », lançait-il. Si les deux outils sont bien distincts, leur ressort démocratique reste commun. Si ce n’est que dans le cas du référendum classique, le Président a la main pour le déclencher… ou pas.
L’un de ses successeurs, Gabriel Attal, souhaite désormais un référendum pour contrer la censure du Conseil constitutionnel de l’interdiction des réseaux sociaux pour les...
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