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Insécurité : Nazim Yenier fonde « Les Bergers du quartier » pour lutter contre la délinquance

20/06/2021

ENTRETIEN. Nazim Yenier est un citoyen brestois de 40 ans. Lassé de voir certains jeunes gâcher la vie des habitants de Kérourien, une cité de Brest, il a fondé le collectif « les Bergers du quartier ». L’objectif ? Dialoguer et occuper le terrain pour rééquilibrer le rapport de force.

Insécurité : Nazim Yenier fonde « Les Bergers du quartier » pour lutter contre la délinquance

Front populaire : Pouvez-vous vous présenter rapidement ainsi que l’association ? Quel a été l’élément déclencheur de sa création ?

Nazim Yenier : Je suis né à Izmir, en Turquie, en 1981. Arrivé en France en 2005 pour un master-2 en informatique, j’ai été naturalisé en 2014, après un véritable parcours du combattant.

J’ai constaté ces dernières années une montée inquiétante des incivilités et des agressions gratuites, dans une société française tétanisée par la peur. Peur du mal éduqué qui fait subir sa musique à tout le tramway… Peur de l’inconscient qui roule sur les trottoirs avec sa moto cross non homologuée… Peur de l’adolescent qui squatte le bas de l’immeuble et qui y laisse tous ses déchets, tous les jours…

La réaction de la société française face à ces incivismes, à la quasi-unanimité́, est la lâcheté. Nous tremblons de peur à l’idée de la moindre confrontation avec l’auteur d’une quelconque incivilité. Nous tournons le regard, nous faisons semblant de ne pas voir. Nous nous consolons en maquillant cette lâcheté en intelligence qui évite le conflit.

A force d’être intelligents, à force d’éviter toujours davantage le conflit, nous en sommes arrivés à des rodéos sauvages qui empoisonnent la vie de tous les quartiers HLM, à des personnes âgées régulièrement insultées pour ne pas avoir baissé le regard face à des adolescents, à des femmes agressées (voire violées) dans tel ou tel RER sans que personne ne réagisse dans le wagon.

J’avais dans l’esprit, depuis quelques années, cette envie d’agir autour de moi, de participer à la construction d’une autre idée de la société française. Je retardais l’échéance espérant que quelqu’un d’autre prenne l’initiative. Je me suis rendu compte que les autres espéraient la même chose. Si je ne prenais pas moi-même l’initiative, personne d’autre ne le ferait.

L’élément qui...

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