Pourquoi les décroissants sont-ils vent debout contre la climatisation ?
ARTICLE. Depuis quelques jours, politiques et experts se succèdent sur les plateaux TV avec la même rengaine : l’important ne serait pas de s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique, mais de lutter contre. Mais est-ce seulement possible ?
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Avec la multiplication des canicules plus ou moins violentes depuis vingt ans, la même question revient sans cesse à l’occasion que le mercure s’affole : faut-il climatiser ou non nos espaces ? Quand les pays du Moyen-Orient, d’Asie ou les États-Unis – habitués de longue date aux températures chaudes – répondent par l’affirmative, la France fait son village gaulois. Hantée par vingt années d’idéologie verte, elle refuse encore et toujours de sauter le pas de la climatisation, bien que les digues donnent le sentiment de céder progressivement. Les récentes températures caniculaires aidant.
Le refus de la climatisation s’apparente dans certains cas à une religion qui nie le fait scientifique et la rationalité. Que reproche-t-on à cet appareil qui refroidit notre espace en évacuant l’air chaud de l’intérieur à l’extérieur ? D’une part d’être polluant, car il consomme de l’électricité. Lorsqu’un pays comme le Qatar produit une électricité à plus de 99 % produite par le gaz ou le pétrole (données 2021), c’est un argument tout à fait recevable. En revanche, pour la France qui possède un mix électrique décarboné à plus de 95 %, l’argument ne tient plus vraiment.
Autre source de pollution critiquée, les fluides frigorigènes utilisés dans les systèmes de climatisation. Anciennement, les appareils utilisaient les R410A, très polluants. Désormais, le R32 est devenu le standard et est 3 fois moins polluant que son prédécesseur. À terme, le R290, non-polluant, devrait devenir la norme. Ce gaz n’est dangereux pour ses émissions qu’en cas de fuite et d'absence de recyclage dans des conditions optimales.
Enfin, la climatisation est critiquée pour les îlots de chaleurs qu'elle peut provoquer en environnement urbain. Des études du CNRS ou de Météo France — à la méthodologie par ailleurs contestée — montrent la possibilité d'un effet calorifère de l’ordre de 0,5 à 2 degrés supplémentaires. Ce qui...
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