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Les petits pois extra-fins

CHRONIQUE. Tout au long de l'été, notre camarade Jean-Paul Pelras nous incite, avec ces chroniques champêtres, à nous replonger dans ce flot de souvenirs qui font notre identité collective. Aujourd'hui, petits pois et fierté de classe...

Les petits pois extra-fins

De nos jours, quand elle ouvre la malle de la voiture pour décharger les sacs en plastiques remplis de victuailles et de gadgets qui n’auront plus d’importance demain, elle dit : « J’arrive de faire les courses ». 

Autrefois quand, à pied, elle descendait la rue avec l’anse du cabas coincé dans le pli du coude, elle disait : « Je viens des commissions ». Alors nous attendions qu’elle déballe ce qu’elle venait d’acheter à l’épicier ambulant, aux « Docks » chez Joséphine ou au « SCAP » chez Pierrot.

Nous commencerons par le paquet de lessive et par cette main que nous plongions dans la poudre à laver en implorant la providence et en essayant de deviner s’il s’agissait d’un nouveau jouet ou d’un énième cocotier en plastique. Il y avait aussi les boites de thon, de sardines, le lait, l’huile et l’assiette offerte, le verre à moutarde qui nous reviendrait un jour, le quart de saucisse fraîche, les langues de chat, les gaufrettes et les haricots ou les petits pois extra fins. 

Extra fins : deux mots qui, depuis, évoquent systématiquement un légume. Mais aussi cette petite différence que les gens modestes revendiquaient à leur façon quand ils posaient leurs achats sur le comptoir du marchand. Quelques centimes d’écart entre ceux là et les autres. Mais on pouvait se payer au moins ça, des « sans fils » et bien tendres. Idem pour les petits pois dont la grosseur du grain était inversement proportionnelle à l’épaisseur du porte-monnaie. Une amplitude qui, hélas, est encore quelquefois d’actualité.

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