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Une Nouvelle servitude, par Guy Bois

CONTRIBUTION / COMPTE-RENDU DE LECTURE. Il y a plus de vingt ans sortait un livre à l'avant-garde de la critique de la mondialisation : Une Nouvelle servitude, par le médiéviste Guy Bois. La réedition de l'ouvrage par Perspectives libres en 2025 offre l'occasion de s'y replonger.

Nouvelle-servitude


Nous vivons dans une drôle d’époque où la tendance médiatique dominante consiste à encenser les livres médiocres et à ignorer superbement les textes qui respectent le lecteur en lui donnant matière à penser. Il faut donc remercier Jacques Sapir, Jérôme Maucourant, Alban Mathieu et les éditions Perspectives libres d’avoir réédité l’ouvrage Une Nouvelle Servitude du médiéviste Guy Bois (1934-2019) qui, lors de sa première parution en 2003, n’avait pas eu l’écho qu’il aurait mérité. Il est vrai qu’on n’en attendait pas moins : une critique serrée et subtile de la mondialisation, nouvelle idole des nantis, avait-elle la moindre de chance de trouver un soutien parmi ses premiers thuriféraires ?

Guy Bois décrit la mondialisation comme un phénomène déclenché en réponse à la « stagflation » des années 1973-1982 et qui englobe quatre aspects ou processus complémentaires (chapitre I) : une financiarisation de l’économie, une soumission des États à l’hyperpuissance américaine (rappelons que le texte paraît au début de l’intervention américaine en Irak), une perte de substance de la démocratie et une idéologie caractérisée notamment par le remplacement du social par le « sociétal », par le déni du réel (qui ne serait que le produit de jeux de langage) et par une injonction permanente à la « modernisation ». 

Le clivage gauche / droite sort profondément affaibli de cette évolution (chapitre II). Les deux camps se défont globalement des valeurs qui définissaient leur identité pour adhérer à la mystique mondialiste et à ses dogmes. Il faut dire qu’une fois acceptée la mise sous tutelle des États, il ne leur restait pas beaucoup d’autres choix. S’ensuit une course à la différenciation à tout prix qui fait fort peu de cas de la réalité et de la nuance : est-il vraiment sérieux de faire du « racisme » et du « fascisme » (il faudrait désormais ajouter le « sexisme ») les dangers mortels qui menacent aujourd’hui nos...

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