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Face à David Lisnard et aux libertariens, pourquoi je suis et resterai résolument gaulliste

CONTRIBUTION / OPINION. Ce post est une réaction à un extrait vidéo de David Lisnard expliquant qu’Éric Zemmour serait « beaucoup trop interventionniste, beaucoup trop colbertiste ». Ce qui ne manque pas de sel, puisqu'Éric Zemmour est aussi taxé d'ultra-libéral par une partie des souverainistes et populistes de gauche. Ce texte, au-delà d’une réponse à David Lisnard, est aussi une digression sur le libéralisme, ses origines, sa grandeur et ses limites.

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© Syspeo/SIPA // Wikimedia Commons


Ceci n’est pas un mémoire de thèse de doctorat, c’est un texte, qui, par souci de clarté, fera nécessairement beaucoup de raccourcis, de généralisations et de simplifications.


Anthropologie libérale


C’est le paragraphe qui fera probablement le plus plaisir aux « droitards ».

Commençons par poser les bases de ce qu’on appelle le « libéralisme ». Historiquement, on peut dater l’apparition du libéralisme à la fin du XVIIe siècle et surtout au XVIIIe siècle. Il naît dans un contexte civilisationnel et anthropologique bien précis : l’Europe occidentale (essentiellement Pays-Bas, Royaume-Uni, France) et leur extension outre-Atlantique : les 13 colonies qui deviendront les États-Unis d’Amérique.

Ce contexte anthropologique, c’est celui du « monde blanc ». C’est celui de groupes humains qui fonctionnent selon la « culture de la culpabilité » : un individu hésitera à faire quelque chose de mal, car il aura intériorisé le fait que c’était mal. D’autres aires anthropologiques fonctionnent selon la « culture de la honte » : un individu y réfléchira à deux fois avant de faire quelque chose de mal, par peur du jugement des autres. Ce sont des aires civilisationnelles dans lesquelles on va sur-investir « l’honneur ». C’est ce qu’on retrouve au Maghreb, au Moyen-Orient et en Asie. Il existe enfin un troisième type de culture, la « culture de la peur » : un individu hésitera à faire quelque chose de mal par peur de la sanction. C’est ce qu’on retrouve plutôt tendanciellement en Afrique subsaharienne.

On notera que les cultures de la honte et de la peur favorisent la logique du « pas vu, pas pris ».

À l’inverse, dans la culture de la culpabilité, les individus intériorisent une règle et une morale commune. C’est ce qui permet notamment de ne pas mettre un policier derrière chaque citoyen. Parce que, suite à ce que Norbert Elias a appelé le « processus de civilisation », les humains civilisés s’autolimitent, et intègrent, entre autres, l’idée d’espace public,...

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