L’agriculture française au bord du gouffre : qui paiera ?
ARTICLE. Secouée par la canicule et la sécheresse, l’agriculture française attend désormais un geste du gouvernement. La FNSEA, elle, en appelle aux consommateurs français plutôt qu'aux distributeurs ou aux industriels.
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Notre pays vient de traverser l’été le plus chaud jamais enregistré en France depuis les premières mesures en 1900. Elle a également observé, pour sa pluviométrie, un déficit proche de 40 %, faisant de cet été le deuxième été le moins pluvieux en plus d'un siècle. Les conséquences du réchauffement climatique frappent directement les agriculteurs français, déjà fortement secoué par les vagues caniculaires observées les dernières années. Le secteur appelle l’Etat à l’aide.
La situation exige des mesures et un accompagnement d’envergure. Prévue le jeudi 3 septembre, la présentation d’un plan d’aide gouvernemental par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a été décalée à une date ultérieure. De quoi accroître les tensions avec les représentants des syndicats, dont celui de la FNSEA, Arnaud Rousseau, qui doit rencontrer Sebastien Lecornu à Matignon le 8 septembre. « Nous avons besoin de réponses rapides pour donner une impulsion à l’agriculture française » estime-t-il, rappelant que « le blé sera semé à partir de la fin du mois de septembre par exemple, nous devons savoir si les trésoreries le permettront, indique le président de la FNSEA ».
Si la réponse de l’Etat tarde, c’est d’une part que les dégâts estimés auraient été initialement minorés, et que la France, en déficit chronique, n’a pas le moyen de faire des folies. Or, l’addition des diverses demandes du secteur agricole se chiffre en milliards d’euros : la Confédération paysanne demande une aide de 5 000 euros par agriculteur touché par la crise, pour un total de 2 milliards d’euros, les céréaliers, 450 par hectares, soit environ 4 milliards d’euros et les éleveurs de ruminants (bovins, chèvres, brebis) estiment la perte en fourrage équivalente à 5 milliards d’euros.
Le consommateur à la rescousse
La situation est considérée comme alarmante, le ministère de l’Agriculture estime à 30 000 le nombre...
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