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Ursula von der Leyen : stop ou encore ?

CONTRIBUTION / OPINION. Pour la première fois de leur histoire, les élections européennes de juin présentent un véritable enjeu politique pour l’avenir de l’Europe, l’occasion unique d’en finir avec la politique actuelle conduite par Ursula von der Leyen.

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Crédits illustration : © CHINE NOUVELLE/SIPA


Le Parti populaire européen (PPE) en a décidé : Ursula von der Leyen sera donc le Spitzenkandidat des conservateurs pour briguer un second mandat à la présidence de la Commission européenne. Madame von der Leyen a été choisie au terme d’un vote interne au mouvement politique recueillant 400 voix sur les 499 grands électeurs présents. Mais — elle pardonnera la comparaison — elle est un peu comme Vladimir Poutine qui n’avait aucun candidat contre lui, à la différence notoire qu’elle ne les élimine pas à coup de Novichok ou par le biais d’une obligeante commission électorale. Elle n’a pas eu non plus à changer les traités pour cela : les apparences sont plus démocratiques.

Mais le choix surprend toutefois. D’abord parce qu’en 2019, VDL n’était la candidate de personne, et certainement pas du PPE qui s’était choisi le charismatique Manfred Weber, le patron du groupe parlementaire au Parlement européen. On doit à Emmanuel Macron, Gaulois réfractaire au système du Spitzenkandidat qu’il réprouvait, car n’appartenant pas au groupe majoritaire, d’avoir par principe opposé son veto à Weber qu’on lui imposait. En urgence, le PPE dut se trouver un autre candidat. Et ça tombait bien, la CDU allemande voulait se débarrasser d’elle, ministre encombrante de Merkel un peu tachée d’une sombre histoire de soupçon de plagiat de sa thèse de doctorat. Un crime rédhibitoire dans un pays où les titres ont tant d’importance qu’on les cite tous à la queue leu leu quand on en dispose de plusieurs, tels ces « Prof. Dr Dr » qu’on lit parfois sur des cartes de visite. Pour la petite histoire, les PPE de Weber se vengèrent de Macron en humiliant sa candidate initiale au poste de Commissaire, recalant sèchement Sylvie Goulard pour incompétence, une première pour un pays fondateur (le seul précédent fut un commissaire bulgare, si l’on omet...

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