IndustrieSouveraineté industrielleFPContenu payant

Velan, une énième entreprise stratégique française en sursis ?

ARTICLE. La filiale française du groupe canadien pourrait être vendue à l’américain Flowserve. L’État français peut toujours bloquer la transaction concernant cet équipementier stratégique d’EDF et ses centrales. Mais la France tarde à valider sa réponse.

/2023/08/velan-vente-strategique-centrale-nucleaire


À nouveau une petite entreprise française est sur le devant de la scène, car stratégique et en péril. Péril pour la souveraineté stratégique et industrielle française. Velan, filiale française du groupe canadien du même nom, pourrait être cédée à l’américain Flowserve. Mais tout comme pour l'entrprise Ségault, propriété elle aussi du canadien, le cas de Velan fait polémique. Car la France risquerait bien de perdre un pan de souveraineté en cas de changement de pavillon.

Le cas de Ségault avait éclipsé au printemps celui de Velan SAS, entité issue du groupe Alstom. L’ancien ministre du redressement productif sous François Hollande, Arnaud Montebourg, était monté au créneau pour défendre cette entreprise qui fabrique la robinetterie de chaufferie qui équipe les sous-marins nucléaires français. En mai, Sébastien Lecornu, ministre des Armées, annonçait bloquer la vente. Mais Velan SAS n’était alors pas concernée.

L’entreprise lyonnaise, qui emploie près de 250 salariés, ne représente pas le même niveau d'importance stratégique pour la France. Ségault était directement lié à la force de dissuasion nucléaire de notre pays et serait donc tombé sous le joug de la réglementation américaine ITAR (International Traffic in Arms Regulation). Moins critique, la vente de Velan SAS serait pourtant loin d’être anodine. Considérée comme un fournisseur critique du groupe EDF, elle est spécialisée dans la vente de robinetterie nucléaire et équipe tous les réacteurs français et une partie à l’international, soit deux tiers des centrales du monde.


Risque d’ingérence américaine


Si Velan passait sous pavillon américain, elle serait susceptible d’être concernée par le FCPA américain, voté en 1977, qui permet l’analyse de courriels ou la mise sur écoute d’entreprises ayant communiqué sur le sol américain ou étant cotées aux États-Unis. Et serait également concernée par la réglementation EAR (Export Administration Régulations), applicable aux exportateurs installés en France de produits, services...

Vous aimerez aussi