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Chroniques d'un impossible Brexit, partie 4 : dix ans d'un déni démocratique

CONTRIBUTION / OPINION. Le Brexit, sursaut d'un peuple à la reconquête de sa souveraineté, continue de hanter le monde politique britannique – au moins autant que la technocratie européenne. Le dixième anniversaire du référendum sur le Brexit a donné aux tenants de l'idéologie dominante l'occasion de ressortir leur propagande. Mais les faits sont têtus. PARTIE 1 À LIRE ICI
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© Amer Ghazzal/Shutterstock/SIPA


L’occasion était trop belle. Pour les dix ans du Brexit, un certain camp politique, journalistique, économique n’a pas manqué l’occasion de rappeler les « funestes » conséquences du vote de juin 2016 au Royaume-Uni. The Economist, qui sait se faire le brillant porte-voix de ce camp-là, s’est fait un plaisir pour les dix ans du Brexit de dresser un bilan exhaustif du désastre économique que connait la Grande Bretagne. Le célèbre journal ne s’était du reste jamais caché d’avoir été pour le maintien du pays dans l’Europe, il avait même fait ardemment campagne pour le « oui » lors du referendum de 2016.

The Economist rappelle donc, pour les dix ans du Brexit, que l’économie anglaise recule, que le pays s’appauvrit, du moins il décroche face à l’Union européenne ; ce serait même un recul de près de 10% du niveau de vie que les Britanniques auraient subi depuis le Brexit ; le pays n’est pas devenu Singapour sur Tamise, il a plutôt vu sa désindustrialisation s’accélérer, il a perdu plus d’emplois qu’avant le Brexit, et contre toute attente, il n’a même pas retrouvé la maitrise de son immigration. Le journal progressiste de rappeler que le Brexit, dix ans après, n’a pas été une solution miracle aux maux du Royaume-Uni, pire, il a accentué les faiblesses structurelles du pays. Face au désastre, The Economist rappelle que les dernières enquêtes montrent qu’une majorité (57%) des Britanniques regrettent désormais le Brexit, et reviendraient sur le vote s’il leur en était donné l’occasion. Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit pour l’Union européenne, préfère quant à lui insister, dans la longue interview qu’il donne au Figaro en juin dernier, sur la forfaiture qu'aurait constitué le référendum, sur les mensonges du camp du non, sur les ingérences étrangères, sur les relents populistes, sur les arguments simplistes et fallacieux d’un...

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