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Chroniques d'un impossible Brexit, partie 2 : à droite, le suicide des Conservateurs

CONTRIBUTION / OPINION. Le Brexit, sursaut d'un peuple à la reconquête de sa souveraineté, continue de hanter le monde politique britannique – au moins autant que la technocratie européenne. Tiraillé entre son aile européiste et son aile pro-Brexit, le Parti conservateur a enchaîné les erreurs jusqu'à dégringoler de son piédestal politique pluriséculaire.
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Au premier rang, de gauche à droite : Boris Johnson, Theresa May, David Cameron.© Paul Grover/Shutterstock/SIPA


C’est l’histoire d’un étrange suicide politique, qui s’éternise depuis plus de dix ans. Le Parti conservateur, hégémonique, dominant, représentait presque à lui tout seul la grandeur politique britannique. Plus vieux des partis depuis que l’Angleterre a établi le parlementarisme au XVIIème siècle, le Parti conservateur eut dans ses rangs de glorieuses figures comme Gladstone, Disraeli, Churchill ou Thatcher ; il traversa deux guerres mondiales, de nombreuses crises, il survécut à la fin de l’empire colonial britannique au XXème siècle, et au déclassement du Royaume-Uni au XXIème siècle.

Les Conservateurs ont longtemps paru immortels, atemporels ; ils s’apprêtent pourtant à vivre, en 2029 pour la prochaine grande élection générale du pays, une nouvelle débâcle historique, cinq ans après la déculottée de 2024 (ils avaient alors perdu plus de 200 sièges). Pour la première fois, ils pourraient chuter à la quatrième place parmi les partis politiques du pays, minoritaires et battus à droite par le Reform UK de Farage, dominés à gauche par les Verts de Polanski, distancés au centre par leurs rivaux de toujours du Parti travailliste (les Conservateurs avaient déjà fini cinquièmes lors de l’élection européenne de 2019, avec un score inférieur à 10%). Ils seraient alors relégués au mieux à la position de parti de coalition, de « junior partner » dans un gouvernement dominé par un parti qui voudra bien leur tendre la main (on ignore pour le moment si les Conservateurs iront à la suite auprès du Reform de Farage ou auprès de leurs rivaux de toujours Travaillistes).

Normalement, il est de tradition que le peuple mécontent balaie aux élections générales le parti au pouvoir, au profit de l’autre grand parti d’opposition, dans un système bipartisan à un tour comme celui de la Grande Bretagne. Le Parti travailliste de l’actuel premier ministre Keir Starmer bat les records...

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