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Doit-on craindre une guerre de l’internet ?

05/10/2022

ARTICLE. Le mystérieux sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 la semaine précédente et la tension opposant Russie et États-Unis sous fond de guerre en Ukraine fait craindre une nouvelle menace : et si une nation venait à saboter les câbles sous-marins de télécommunications, que se passerait-il ?

Doit-on craindre une guerre de l’internet ?


Demain, pourra-t-on toujours lire cet article ? Et si un pays venait à saboter des câbles sous-marins de télécommunications, que se passerait-il exactement ? La Terre, l’humanité est-elle dépendante à ce point de ces 430 quelques câbles qui relient les stations d’atterrissement qui sont autant d’axones qui relient les neurones d’un cerveau ? Jean-Luc Mélenchon avait-il raison en mars 2022, de prédire que ces ​​installations « seraient un enjeu de la guerre d’Ukraine » ?

Si ces questions étaient en suspens depuis le début du conflit en Ukraine, le sabotage des deux gazoducs Nord Stream 1 et 2 le 26 et 27 septembre les a ravivées. Quel que soit l’État responsable de la dégradation des tuyaux sous-marins, il a rappelé la fragilité des installations sous-marines, pourtant essentielles à une planète vivant sous l’hospice de la mondialisation. Et s’il faut une logistique impressionnante pour parvenir à endommager un gazoduc, il n’en va pas de même pour les câbles sous-marins de télécommunications, autrement plus fragiles.

N’en déplaise à Elon Musk et ses satellites Starlink, le ciel et l’espace ne sont pas le présent de l’internet. Aujourd’hui, plus de 99 % des échanges de données se font via les câbles en fibre optique sous-marins. Plus d’un million de kilomètres de fils d’un diamètre oscillant autour de 3 centimètres entourent la planète et ses continents dans les fonds marins. Ils sont soit enterrés dans les zones peu profondes, ou posés à même le fond. Des opérations qui sollicitent de trois à quatre mois d’installation pour des câbles reliant le continent américain et européen, pour un coût supérieur à 200 millions d’euros.

La France se méfie

Un sabotage aurait donc deux intérêts : nuire d’un point de vue financier et couper internet à une partie du monde. Peut-on dès lors craindre une attaque russe —...

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