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Entre Kaja Kallas et Von der Leyen, Paris louvoie pour favoriser l'émergence d'une réelle diplomatie européenne

ARTICLE. Alors que la Commission européenne poursuit son conflit larvé avecle SEAE et l'estonienne Kaja Kallas, la « madame diplomatie » de l'UE, la France, épaulée par l'Allemagne, décide de rejoindre la mêlée et plaide en faveur d'une refonte institutionnelle. Au mépris de ses intérêts souverains ?

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Kaja Kallas, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.© Ansgar Haase/DPA/SIPA


On le savait : entre la Commission européenne de von der Leyen et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), sorte de ministère des Affaires étrangères officieux de l’Union européenne dirigé par Kaja Kallas, il y a de l’eau dans le gaz depuis un certain temps. De fait, le SEAE est dans un véritable étau institutionnel, coincé entre les appétits impériaux de la Commission et ce qu’il reste de souveraineté des États-membres sur leur politique étrangère. Bruxelles, qui rêve de faire main basse sur la compétence diplomatique des États, voit d’un mauvais œil le service hybride de Kaja Kallas, qui cultive peu ou prou les mêmes ambitions. Face à ce conflit larvé, Paris et Berlin optent pour une refonte de la diplomatie européenne. En privilégiant une fois encore l’Union européenne à leurs propres marges de manœuvre.

La stratégie franco-allemande entend ménager la chèvre et le chou en reconnaissant d’une part le primat de la Commission européenne dans la direction de la politique étrangère européenne, et d’autre part en consacrant Kaja Kallas dans son rôle de diplomate en chef de l’UE, rapporte la note consultée par le média Politico. Une manière de trancher net vingt années d’hésitations, d’instabilité et de crises existentielles autour du SEAE, entité aussi indépendante qu’elle est impuissante. Dans les faits, le mandat du SEAE et de son haut représentant Kaja Kallas est plutôt restreint, et se cantonne pour l’essentiel à la gestion des quelque 140 délégations de l’UE dans le monde et à la conduite de mission civiles, diplomatiques et commerciales dont le principe et le budget sont décidés à l’étage supérieur – celui de la Commission européenne –, et dont la légitimité est de toute façon grevée par le fait que la politique étrangère constitue l’un des derniers pré carrés des États-membres. La note franco-allemande sera...

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