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Impostures et simulacres

04/02/2021

OPINION. Historien et romancier, Olivier Delorme est notamment l’auteur de La Grèce et les Balkans (3 tomes Gallimard, 2013) et de 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe (H&O, 2017). En ce jour funeste du 4 février, il revient sur la forfaiture qui a jeté un discrédit ineffaçable sur les « démocraties » européennes.

Impostures et simulacres

Depuis le 7 juin 2001, on sait que, en régime d’Union européenne, le suffrage universel n’est plus qu’un simulacre. Ce jour-là, par 53,87 % des votants, les citoyens de la République d’Irlande repoussèrent la ratification du désastreux traité de Nice. Qu’en déduisirent les européistes ? Qu’adresser aux Irlandais un wagon de lourdes menaces et une pelletée de bons sentiments suffirait à les faire revoter pour qu’ils donnent la réponse qu’on attendait d’eux. Ce que les Irlandais firent en octobre 2002.

Puis il y eut les référendums français et néerlandais de 2005 sur le traité constitutionnel. Non et Non. Mais, en 2008, les larbins parlementaires locaux de l’UE décidèrent que ce double Non valait deux Oui. Et l’on administra donc, par lavement parlementaire, le copier-coller lisboète de l’essentiel du traité que ces peuples avaient refusé d’avaler. Forfaiture – de ces représentants indignes comme des chefs d’État et de gouvernement qui l’ont signé. Car enfin l’argument selon lequel Sarkozy avait annoncé durant sa campagne que, s’il était élu, il ferait ratifier un tel traité ne vaut pas un pet de lapin : ce que le peuple a rejeté, seul le peuple peut l’accepter, consulté sur ce seul objet et non lors d’une élection présidentielle, alors que le texte n’est pas même connu et que l’engagement figure dans le bric-à-brac d’un programme électoral, au même rang que la clause léonine figurant au bas de la quinzième page d’un contrat d’assurance.

Mais pourquoi, dès lors, s’arrêter en si bon chemin ? Lorsque les Irlandais s’aventurèrent de nouveau à repousser ledit traité de Lisbonne – cette fois par 53,40 % des votants –, on remit le couvert, assorti des mêmes menaces et des mêmes bonnes paroles qu’en 2001-2002. Puis vint la crise qu’à tort on qualifie de « grecque » et qui n’était que la...

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